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sur 5

Rien ne manque. Un total look fichtrement bien arboré : arpeggios de SH101 sépulcral, mièvrerie mélodique feinte, cœurs célestins, chants bilingue franco-anglais, boîtes à ryhmes martiales, l’ensemble bien exécuté avec la chemise boutonnée jusqu’au dernier bouton. Oui, Xeno & Oaklander est bel est bien passé à côté du color block, du sea punk,  et d’à peu près quoi que ce soit né après 1986.

A priori, strictement rien de neuf à l’horizon : du vieux plutôt bien choisi tout de même, circa 1981-1986. Déjà à l’époque, le style (c’est donc bien de cold wave, dont on parle ici) voulait incarner une élégance racée et très fin de siècle, fake, distante et blafarde. Une musique aux ambitions contrariées et compliquées pour une décennie pleine de transition et de transactions…

Si d’aventure on avait oublié les bienfaits des minauderies de l’époque, Veronica Vasicka et la pléthore des rééditions publiée par le label Minimal Wave ont bien rappelé à la face du monde la richesse et la témérité des musiciens de l’époque.

Aujourd’hui, on évitera poliment de se lancer dans une énième rengaine post-moderne, mais tout de même : qu’est-ce que la musique de Xeno & Oaklander peut bien proposer d’énoncer de nos jours ? Ou alors, qu’est-ce qu’elle pourrait bien ajouter à notre vision déjà bien acérée de la décennie des années 80 marquée, au choix, par l’émergence de Ronald Reagan ou par la mort de Ian Curtis ?

 

Impossible d’écouter Par Avion sans qu’adviennent à nos mémoires (la larme à l’œil, pour sûr), tous ces ancètres qui nous ont tous plus ou moins passablement obsédés. Impossible aussi de savoir ce qui peut bien se passer à l’écoute de Par Avion dans la tête d’un béotien ne sachant pas sur le bout des doigts son cathé Joy Division /  Depeche Mode, pour ne citer que les papis mainstream.

Une fois outrepassé le référentiel et la citation, ce qui émerge de ce cadenaçage esthétique terriblement inscrit dans l’histoire, c’est le très beau savoir faire en matière de manipulation des machines. Liz Wendelbo et Sean McBride sont des geeks, collectionnent les synthés, les gros modulaires en vogue (le fameux Serge)… et en sortent des sonorités si finement ciselées qu’elles parviennent à en faire oublier leur historicité. C’est donc ça la formule de Liz et Sean, une validation, encore et toujours, de la beauté du combat homme / machine. Que les machines en question datent en l’occurrence parfois de plus de quarante ans, semble soundain accessoire.

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