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Annoncé comme la révélation française de ce début d’année, Wise était censé ouvrir de nouvelles fenêtres au genre « jazz électronique », passablement essoufflé après l’euphorie tous azimuts des débuts : la musique de ce trio, nous explique-t-on, « envisage la rencontre entre jazz et électro comme une approche nouvelle des liens entre l’improvisateur et l’univers des programmations informatiques. L’environnement électronique y est pensé comme un support à l’imagination, dessinant les émotions et accentuant les ambiances ». Bref, rien que l’on ne sache déjà et qui n’ait été dit depuis bientôt cinq ans par tous ceux qui, avec des réussites diverses, se sont lancés dans l’aventure électronique. Arrivant après Julien Lourau, Laurent de Wilde, St Germain ou Magic Malik (pour ne citer que des réalisations hexagonales), Wise se devait donc, compte-tenu de son cahier des charges tonitruant, de surprendre. La déception est à la hauteur des attentes : en lieu et place du grand vent pressenti, on ne trouve dans cet Electrology qu’une soupe réchauffée et impersonnelle, aussi lassante que fadasse, pleine de bonnes intentions et de lieux communs.

Malgré toute sa bonne volonté et une pléiade d’invités de marque (Flavio Boltro, David Linx, Julien Lourau et d’autres), le trio français accouche moins du « métissage de swing, soul, hip hop et jazz » promis que d’une musique clicheteuse (greffons hip-hop, sonorités éculées, solos inconsistants) et commerciale qui, à défaut d’originalité, n’a même pas le mérite du dynamisme. Quelques passages vaguement dépaysants ne parviennent pas à faire oublier la vacuité des compositions et l’ennui profond qu’inspire l’ensemble. Cent lieues derrière les électrochocs envoûtants de la constellation nordique (Nils Petter Molvaer, Bugge Wesseltoft et consorts) et les fracas venus du label Ninja Tune, et surtout des années lumières derrière la grande référence milesdavisienne et sa galaxie de disciples seventies (il suffit de réécouter, par exemple, les pépites inégales mais savoureuses d’un Lonnie Liston Smith, récemment rééditées en compact, pour mesurer la différence), Wise s’avère bel et bien n’être qu’un pétard mouillé. Qui, peut-être, sèchera sur scène pour enfin exploser.