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4
sur 5

We Love You est la sous-division pop du label electro Wall Of Sound. Remarqué d’abord pour ses chaleureux tee-shirts, We Love You est aussi un label qui a eu une vision, celle d’une pop contemporaine et moderne, inspirée par le passé et tendue vers l’avenir. Après quelques premières sorties notables (Shawn Lee, We love Yule ep), le boss du label, Jolion Hyller, a concocté dans cet esprit d’investigation la deuxième compilation du label, listant les jeunes espoirs de la pop d’aujourd’hui, à tendance plutôt anglo-saxonne ici. L’entreprise rappelle celle du label Bungalow, qui dessinait l’année dernière avec la compilation Atomium 3000, le futur de la pop européenne (qui passera vraisemblablement par Burgalat, présent sur ces deux références).

Le groupe mancunien I Am Kloot semble tenir les promesses que la presse anglaise avait mises en lui sur la foi d’un single et d’une poignée de concerts. Son morceau d’introduction Over my shoulder est amoureusement folk et joliment mélodieux, sur quelques accords et peu d’effets. Angryman de The Bees est plus funky, limite princier et laisse plus de bonne humeur qu’en colère. On retiendra aussi une version longue de When the sun de Tahiti 80 (arpèges Love, voix d’adolescent, arrangements de cordes 60’s, un groupe décidément élégant, peut-être sous-estimé par ici), quand I walk the earth de King Biscuit Time (le projet solo de Stephen Mason de The Beta Band) sonne comme du Police 80’s en plus psyché. Côté trip-hop vocal peu imaginatif, la collaboration Shawn Lee/Bomb The Bass (on croyait Bomb The Bass enterré depuis longtemps, eh bien non) est complètement noyée sous les effets disgracieux. Mais comme il n’y a pas de mélodie, c’est pas grave. On sera plus gentil avec l’ami Bertrand, trop fort pour réveiller le son qui sommeille au fond de notre cerveau, ce gimmick de guitare rythmique désuet, ces nappes de synthés aiguès. Très Swinging London, en fait. Côté rétro, il y a aussi les guitares et les synthés rock prog’ de Rob, entre Aphrodite’s Child (666) et du Hawkwind dégraissé : sympa au demeurant, car groovy, finalement. Sûr que les Daft et leurs copains Phoenix adorent. Ecouter Ladytron est toujours aussi bon (leur album electro-vintage chez Emperor Norton Records est en vente en import chez Colette, avant la sortie sur Tricatel). Simple et synthétique, love and computers. Milky Lychee de Hooper, comptine electro pop, comme du Heavenly roulant au Moog, est doux et tordu, pervers et polymorphe. On reste dans la suavité électronique et la J-Pop n’est pas en reste avec Love you de Hour Musik, obsolète et naïf comme un cuttie-band de 88. On n’a pas parlé de tout, puisque tout n’est pas indispensable.

We love you… so love us too s’écoute au final comme une bonne mix tape concoctée par un ami proche, par association d’idées, et pour vous témoigner son affection. Mais ça reste un disque en vente dans le commerce. N’est-ce pas un peu obscène de dire son amour comme ça à n’importe qui ? Ou serait-ce un argument de vente ? On attend la suite des aventures de We Love You (un single club en préparation, les albums de I Am Kloot et The Bees) pour savoir si on peut définitivement leur accorder une place de choix dans notre cœur.