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5
sur 5

Bon, c’est pas la peine de jouer les finauds et de vous le dire avec un faire-part, You guys kill me de Third Eye Foundation (alias Matt Elliott) est un disque magique. Une oeuvre complexe et sombre -de prime abord seulement- qui devrait prouver aux derniers réfractaires que l’on peut faire de grandes choses avec un sampler. Ce troisième opus -après Semtex et Ghost, en omettant In version, mini-album de remixes- est tout simplement culbutant. On le comprend dès l’ouverture, A Galaxy of stars, sorte de gigue pour squelettes : Matt Elliott nous livre ses visions, d’inspiration plus païenne que religieuse (quoi qu’en dise la pochette de l’album, sobre et splendide).

D’autre part, on sent bien que les formes musicales anciennes le taraudent, jusque dans la structure : les différents morceaux qui composent l’album semblent se faire suite ainsi que dans une pièce de musique classique. Certaines (dis-)harmonies semblent rappeler des agencements musicaux encore plus lointains (formes religieuses du Moyen-Age). En contrepoint, des sonorités éminemment modernes nous replongent dans le futur. Et bizarrement, la rencontre des deux donne un résultat extraordinaire. Oui, bien sûr, on pourra dire également que You guys kill me est un disque de drum’n’bass extatique, car Matt Elliott semble toujours en quête d’une forme de spiritualité, et c’est en s’appuyant sur la base parfois très figée de certains de ses morceaux qu’il y parvient. Procédant par petites touches, par digressions, il arrive à sublimer des structures a priori banales. An Even harder shade of dark -que Tricky n’aurait sans doute pas renié- en est un parfait exemple. Il ne vous reste plus qu’à acheter ce disque. Les visions sonores de Matt Elliott ne sont pas prêtes de vous quitter.