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3
sur 5

Bénis par la hype en terre Anglo-Saxonne depuis 2002 sur la foi d’un clip débile diffusé via la sono mondiale MTV, The Hives, originaire de la ville de Fagersta (Suède), masturbent les vieux démons du punk-rock dans leur cave depuis 1993. Forme mutante de boys band version nouveau siècle téléguidé par l’obscur Randy Fitzsimmons dont la véritable identité troublait récemment les colonnes du NME, cette bande de gamins bêtas au dresscode rétrograde célèbre le riff de base avec une joie toute primaire. N’y cherchez rien de novateur, d’intelligent ou de pertinent. Les Hives sont des sales gosses décérébrés, furieux de n’avoir jamais vu les vrais Stooges en concert ni pu acheter un album des Sonics le jour de sa sortie. Alors ils recréent depuis leur cave le fantasme d’un l’âge d’or du riff crétin, hurlent des paroles ou se mêlent sans dosage colère et bêtise fondus en une révolte populo-punk, et enfilent des riffs agressifs sur des marteaux rythmiques passant rarement en-dessous des 110 bpm. Et se réjouissent sans doute de la mort de Johnny Ramones, un héros du rock qu’il peuvent enfin pleurer avec joie.

L’écoute cogne derrière la tête, c’est évident. A travers le riff efficace et malin de Two – timing touch and broken bones, les ficelles voyantes mais assumées de No pun intended ou le lyrisme punky aux structures brutales de Love in plaster, The Hives jouent le rock de leurs rêves, dans des costumes ridicules, certes, mais avec cette grâce brutale qui habitait leur deux précédents albums. Même si, par endroits, ils retiennent les pitreries qui faisaient de Supply and demand ou Knock knock des joyaux de rock excessif, pour les troquer contre des formules pop qui rongent la puissance imbécile et teigneuse de leur rock impulsif (Diabolic scheme). Et en dépit d’une jolie saturation qui crispe le son entre harmonie et chaos au long du disque, Tyrannosaurus Hives se perd parfois, brimé en outre par une compression qui casse le show, un son amaigri et quelques arrangements. Récemment signés par Universal suite à une brouille avec le label Burning Heart qui abritait leurs débuts, The Hives hésite entre le rock primaire de Missing link et les dépressions supersoniques crados du précédent album et des ritournelles trop présentables, ralenties aux normes du revival actuel (Walk idiot walk), là ou leurs albums étaient de purs instantanés de rock crétin et irréfléchi. Gare, car la formation risque de grossir bêtement le monceau de groupes de punk-rock au son propre entassés dans la cour de MTV. En revanche, ces branleurs rétrogrades au cerveau aplati sont des tueurs sur scène.