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3
sur 5

Dans la vague revivaliste du rock des années 80, voilà The Faint. Comprenant aujourd’hui Todd Baechle (voix, synthétiseurs), Clark Baechle (batterie), et Joel Petersen (basse), le groupe joue depuis 1994, d’abord sous le nom de Norman Bailer, puis de The Faint. Explorant un peu tous les courants musicaux, du rock lo-fi à l’indie-rock à guitares saturées, en passant par la dance ou la brit-pop, le groupe se cherche mais finit par sortir son premier album, Media en 1998. Après la tournée, les membres de The Faint décident de mettre les synthés electro et les rythmes dance encore plus forts, histoire de vendre un peu plus de disques. Joueur de synthés à plein temps, Jacob Thiele rejoint le groupe à la fin de l’année 1998, et en août 1999, le disque à la teinte très new-wave, Blank-wave arcade, est achevé, et marche mieux que les précédents.

Aujourd’hui débarque Danse macabre, nouvel album bien dans le ton de l’époque, entre revival International Dee-Jay Gigolo (les basslines electro et les vieilles boîtes à rythmes 80’s) et la nouvelle tendance new-yorkaise (le rock qui se danse : LCD Soudsystem, The Rapture). On devine The Faint un peu opportunistes là-dessus, avec leur cover Indochine et leurs cheveux crépus Cure. Sur scène, aux Trans Musicales de Rennes, on les avait trouvé horripilants, déhanchés et figés comme des gravures de mode de 1981. Sur disque, ils sont à peine moins subtils, revisitant Depeche Mode, The Psychedelic Furs ou Human League, en accentuant les gimmicks rétro à l’envie. Leur façon de manger à tous les râteliers est caricaturalement amusante (le refrain de Let the poison spill from your throat ressemble à celui de You’re unbelievable, des charmants EMF ; le chant et le mixage de la voix du chanteur sur Your retro career melted sont exactement les mêmes que ceux de Robert Smith à sa grande époque).

Avec une image de noirceur romantique à la mode (Colette vend bien des colifichets gothiques) et un album plutôt orienté pour les pistes de danse de la Loco, The Faint fait le grand écart entre underground punk et mainstream putassier. Mais l’album arrive quand même à tirer son épingle d’un jeu que l’on croyait faussé d’avance. Grâce à des détails de productions (cette manière de jouer les basses synthétiques à la main, et de les mixer très en avant, à la manière de Suicide), quelques mélodies accrocheuses, et à une énergie qui ne faillit pas tout le long de l’album. Pour son extrême mauvais goût aussi, fascinant. Finalement, The Faint sont plus punk que new-wave, même si on doute évidemment de leur sincérité. Encore un disque qu’on ne réécoutera jamais.