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2
sur 5

De welsh on ne connaissait que cette recette culinaire de pub à la bière et au cheddar, jusqu’à ce que les Stereophonics, Catatonia, Gorky’s Zygotic Minci, ou les Super Furry Animals ne viennent régionaliser sympathiquement le paysage rock. Et il y avait même de quoi être jaloux pour nous pauvres Français qui nous coltinons du rock breton. Et surtout à l’écoute des opus et Lps des SFA.
Ces derniers d’ailleurs prêchaient en gallois avant d’être signés par Creation et d’entrer dans pas mal de discothèques avec notamment la petite réussite de Fuzzy logic en 1996 ou de sa réplique Radiator en 1997. Mais bref, rien de transcendant jusqu’à l’écoute sur une compile estivale de The Turning tide annonçant Guerilla, le troisième album des SFA, qui tout de suite avait tout pour motiver l’achat. A savoir du fragile (parce que sur le fil du rasoir) et une bien belle progression mélodique.

Las ! Guerilla retrouve rarement cette profondeur (exceptée sur le souffreteux Fire in my heart). C’est par contre une faible collection d’hommages au punk rock ou au pop rock sans souffle. Mais avec du relief, car il faut reconnaître à Gruff Rhys et ses coreligionnaires gallois un sens inné des interventions bizarroïdes et/ou technologiques accrocheuses. Un beau travers issu de leur vocation initiale de faire de la techno. Autre motif de satisfaction (même si tout est relatif), le bon goût de leurs pochettes complètement barrées. En l’occurrence, le cas de Guerilla semble joindre le motif au message : un extra-terrestre sympathique attifé comme Rambo. Comprendre que les rigolards de SFA se sont proclamés hors de notre univers pour attaquer. C’est tout à leur honneur, mais il n’échapperont quand même pas à la critique terrestre.
Clin d’œil ou pas (Rhys en personne qualifie son album d’une « déclaration de guerre contre la musique médiocre »), il eût fallu faire de ce Guerilla un disque essentiel et non pas une cartouche de bombes à eaux qui ne distraient que le temps du psychotique Night vision ou du repiquage des B’52’s sur Keep the trip. Un beau son pour pas grand chose, au final.