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4
sur 5

A la frontière du rock, du country-folk et du jazz (pour les arrangements et l’emploi de cuivres, trompette en tête), se situent quelques groupes américains au charme indéfectible. Sparklehorse est de ceux-là. Emmené par l’énigmatique chanteur Mark Linkous, enfant terrible d’un rock en convalescence outre-Atlantique, il possède une identité propre, loin de ces groupes sirupeux divulguant des émotions banalisées. Peu sont en effet en mesure de produire ce type de mélodies inclassables (une utilisation judicieuse de cordes, violoncelle et contrebasse) où la féerie s’allie à une énergie brute résolument hors-normes.

Toujours aussi à l’aise dans les moments de -fausse- quiétude que constituent Painbirds, Maria’s little elbows ou le mélancolique Hundreds of sparrows et de plus en plus affirmé lorsqu’il gagne en rapidité (des morceaux aussi tendus que Pig ou Ghost of his smile procurent des instants de franche jubilation), Sparklehorse remet à l’heure les pendules d’un rock américain en quête de nouvelles données plus spontanées. Refusant toute étiquette, il sonne avec fierté la révolte de ces musiciens marginaux (à l’égal de Calexico, dont l’album The black light affirme le même souci d’affranchissement) poursuivant leur rêve de grandeur sans renier leurs origines sudistes. Une prouesse non négligeable. Et un album à saluer comme il se doit : avec révérence.