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Philips, dans sa collection « Grands pianistes du XXe siècle », consacrera deux volumes à Cortot : on y trouvera seulement deux des trois opus réunis ici (autrefois disponibles sous label Biddulph), les Kinder en moins -mais le Carnaval en plus. Un doublon vaudra mieux que rien : de toute façon, tout Cortot, et spécialement Cortot dans Schumann, doit être thésaurisé sans l’ombre d’une hésitation.
On ne va pas chipoter sur le son, d’autant que les repiquages sont magnifiques ; on ne va pas s’attarder sur la technique -c’est bourré de fausses notes et de dérapages, Cortot est aussi connu pour ça ; on ne va pas, enfin, et toute considération musicale mise à part, épiloguer sur le cas Cortot en 39-45 -il y en a eu d’autres qui…, et pas des moindres, et ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.
Car Cortot dans Schumann, c’est une imagination de tous les instants, c’est une poésie que bien peu de ses successeurs ont su dispenser dans ces pièces (Gieseking, au tournant du siècle, et le jeune Perrahia, plus proche de nous). Bref, les ayatollahs en tout genre (du DDD, du texte à la lettre, etc.) peuvent passer leur chemin ; les autres entendront là le plus grand pianiste français du siècle, dans son répertoire « naturel ». Schumann, tel qu’en lui-même…