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4
sur 5

Richard (Meyers) Hell figure parmi les instigateurs du mouvement punk-rock new-yorkais de 1975-1977. En même temps que Patti Smith, Tom Verlaine, Johnny Thunders, Jonathan Richman ou Joey Ramone, il a participé à la profonde rénovation du rock américain par une jeunesse éprise de littérature, de liberté et d’expériences extrêmes. Camarade de classe de Tom (Miller) Verlaine, ils jouent ensemble dès 1973 au sein des Neon Boys, futur line-up de Television, que Richard Hell quittera en 1975 pour former The Heartbreakers avec Johnny Thunders et Jerry Nolan (anciens New York Dolls). Un an plus tard, il quittera également les Heartbreakers pour former son propre groupe, Richard Hell and The Voidoids.

Avec l’album Blank generation (1977), et son single éponyme, Richard Hell crée la première hymne punk, violente, directe, trash et no future. L’album est classé par le New York Times comme l’un des dix meilleurs albums de la décennie, et Lester Bangs fait l’apologie du groupe dans ses articles. Malgré un deuxième opus plus méritant que ce que l’histoire en a retenu (Destiny street, 1982) et une collaboration fructueuse en 1992 avec Steve Shelley et Thurston Moore de Sonic Youth et Don Fleming de Gumball, sous le nom de Dim Stars, ces vingt dernières années auront vu Richard Hell s’occuper plus de littérature et de cinéma que de punk-rock.

Ne lui en déplaise, sort aujourd’hui cette compilation en deux CD des meilleurs moments live de sa courte mais brûlante carrière. Le premier fait revivre les explosifs concerts à Londres en 1977 et au CBGB de New York City en 1978. Le deuxième donne à entendre une version augmentée d' »alternate takes » et d’inédits ainsi que les sessions enregistrés dans un studio de New Orleans, le tout publié en 1984 par ROIR sous le nom de R.I.P, depuis collector.

L’objet final permet de remplir les trous dans une discographie resserrée mais passionnante. Il donne un panorama documentaire des capacités électrisantes des groupes sur scène et de l’excitation qui régnait lors des concerts de l’époque. On y trouve de très belles versions de Love comes in spurts ou de I wanna be your dog et quelques inédits prè-R.I.P. de bonne facture, comme The Hunter was drowned. Hélas, l’ensemble souffre d’un son désespérément sale, à la limite de l’inaudible, et certaines titres sont vraiment anecdotiques. On déconseillera donc l’écoute de cet album aux fans des Strokes qui ont vaguement entendu parler de Richard Hell. En revanche, les connaisseurs apprécieront.