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2
sur 5

Quatrième album du duo de Portland composé d’un ex-Heatmiser (Sam Coomes, officiant aux claviers, faisait partie de l’ancien groupe d’Elliott Smith, qui joue ici de la basse sur trois titres) et d’une Sleater-Kinney (la batteuse Janet Weiss), Field studies n’est pas évident à situer dans l’échelle du plaisir.
Fortement influencé par les Beatles, le duo manque ici de l’inspiration à laquelle ils nous avaient habitués, notamment sur le précédent album Featuring birds, composé de chansons si courtes qu’on avait vraiment envie qu’elles durent et se développent un peu plus sur la longueur. Point de ce type de problèmes avec Field studies. C’est même parfois l’inverse : A Fable with no moral, qui commence merveilleusement bien, met ensuite un temps fou à mourir dans les ondes vibratoires d’un orgue d’église. La faiblesse de Field studies est ailleurs. Ce disque d’un groupe typiquement américain sonne, malheureusement pour eux, comme des chutes de studio dont les Beatles ou John Lennon en solo n’auraient absolument pas voulu, ayant déjà un modèle d’une qualité nettement supérieure.

A chaque titre sa référence : on est ainsi ballotté au gré des quatorze morceaux de Field studies entre Sergent Pepper’s, le double blanc, Plastic Ono Band, Imagine, Mind games ou même Double fantasy. Sur It don’t mean nothing, on a l’impression d’écouter ce que Lennon aurait fini par réaliser s’il en avait eu le temps… Pis, avec A fable with no moral, déjà citée plus haut, on a l’étonnante impression d’être au cœur du double blanc, puisque la ligne d’accords est totalement pompée sur celle de Dear prudence.
Field studies est donc un album (forcément) très plaisant pour qui aime la musique et les mélodies inspirées des ballades des derniers albums des Beatles, surtout quand on pense qu’il a été réalisé par un groupe américain, dont les membres n’ont (d’habitude) rien contre le (gros) bruit. Mais si on ne s’endort pas au bout de quelques morceaux (car tout ceci est lent, très lent, parfois trop lent), on a une furieuse envie de se lever et de se poser un bon vieux Beatles sur la platine.