4
sur 5

11 14 n’est pas à proprement parler un album. Les dix-huit titres réunis ici, compilent pas moins de cinq maxis conçus en trois années par Oscar Powell : The Ongoing Significance Of Steel & Flesh, Body Music, Fizz, Untitled et un petit dernier : Club Music, dont Chro avait chanté les louanges.

Depuis qu’on écoute ce jeune anglais avec une attention minutieuse, Oscar Powell n’a pas fait mine de changer de programme. La recette a le mérite d’être suffisamment simple et évocatrice pour se singulariser de ce que qu’on a déjà pu entendre ailleurs. Ce qui se trame : une confrontation entre mises en boucle d’extraits post-punk ou no-wave (fantômes de guitares et de batteries anémiques, reliquats de faux groupes de rock inventés par successions de collages…) et de fatras noise qui tendent plus vers l’art brut que vers la dextérité à manier la synthèse.

Invariablement, la musique de Powell a toujours l’air mal foutue, souffreteuse ou maladive. Mais la frustration provoquée – on serait tenté de dire : le handicap – fonctionne merveilleusement bien. Le dernier maxi en date, Club Music, justifie son nom par un tempo presque house-compatible, soit une première dans la disco de Powell plutôt versée dans le battement à 150bpm (So We Went Electric). La suite (Maniac), proposée avec le renfort de l’artificier noise Russell Haswell, est un édifice de samples engourdis, hâchés et proprement saccagés.

En pure anomalie historique, la musique de Powell télescope le CBGB de la fin des années 70’s avec la techno industrielle à la Regis, avec en filigrane un humour tongue-in-cheek qui jongle avec les références. Dans le track listing du disque, on relève de surcroît le nom d’un certain Wharton Tiers, producteur noise-rock de renom, célèbre notamment pour avoir tapé de la caisse claire aux côtés des Theoretical Girls  ou accompagné Sonic Youth en studio. Distancié, primitif et poseur comme l’étaient ces ancêtres convoqués du New York Noise et consorts, Powell se faufile sur l’autoroute rectiligne de la club music pour proposer de drôles d’édifices bizarroïdes et insalubres, des simulacres d’emblèmes punk (« 1, 2, 3… ») et de faux bangers techno (indansables, « in-mixables », vraisemblablement inutiles)… Un stress-test très jouissif.

 

 

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