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3
sur 5

Nouvel album album pour le fou de la guitare et fou tout court Buckethead, toujours plus loin de Steve Vai et toujours plus près des Butthole Surfers. A 28 ans, Brian Carroll, avec son pot de Kentucky fried chicken sur la tête, son masque de Comedia dell’arte et ses jouets, a joué dans la cour des grands : Bill Laswell, Bootsy Collins, John Zorn et Derek Bailey… Avec ce disque, sous le nom de Pieces, qui porte si bien son titre (« J’ai besoin d’être seul cinq minutes » : Carroll est une sorte d’adolescent attardé et introverti issu de la middle class blanche de la banlieue de San Francisco), le fou Buckethead s’est adjoint les services d’un Dj. Résultat : des rythmiques électro débiles parsèment le disque et curieusement, se mèlent assez bien avec les prouesses non moins débiles du guitariste. Il ya quelque chose d’étrange et de troublant dans la musique de Buckethead : un mélange de naïveté et d’angoisse, l’inquiétude que font parfois naître les surdoués, surtout s’ils viennent d’un milieu de trous du cul fanas du heavy metal le plus bête. Quelque chose comme un Beavis et Butthead acueilli au pays de l’improvisation d’avant-garde. On y croise des solos à la fois virtuoses et lo-fi (la production de ce disque est tout simplement malsaine), qui ne vont pas au bout de leurs fantasmes, des parodies (mais s’en agit-il vraiment ?) de funk, de jazz et bien sûr de metal.

Mais on y croise aussi une sensibilité et une intelligence étranges, peu communes, dépaysantes. Accepté et reconnu par Zorn et consorts, parallèlement toujours impressionné par le « charisme » d’un Yngwie Malsteem, Buckethead, déjà à la tête d’une discographie impressionnante, continue de nous étonner. Son lieu de promenade favori est un parc d’attraction désaffecté, pathétique et grotesque, à l’image de ce disque, entre malaise et badinage.