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2
sur 5

Un nouvel opus du Pat Metheny Group : autant dire un petit événement, comme ne manquera probablement pas de le confirmer le succès immédiat qu’on imagine et qu’on lui souhaite. Cinq ans après un Imaginary day plutôt réussi qui, quoi qu’on ne le tienne généralement que pour un album honorable mais mineur, s’ouvrait à quelques nouveautés (des tentations world plus explicites, des couleurs nouvelles et, surtout, un petit tour prémonitoire du côté des beats jungle), Speaking of now s’inscrit pleinement dans le sillage des grands disques du Group, le renouvellement des équipes ne modifiant en rien sa palette caractéristique. Les fidèles Lyle Mays (piano et claviers) et Steve Rodby (contrebasse) sont effectivement rejoints par le trompettiste Cuong Vu, le batteur Antonio Sanchez (repéré, notamment, chez Danilo Pérez) et, guest star de taille, un Richard Bona qui abandonne ici la basse électrique au profit du micro et des percussions.

Las : sans influer vraiment sur l’univers très typé du PMG, ils s’y dissolvent littéralement et s’effacent au coeur d’une musique qui, pour procurer le plaisir que l’on sait, n’en donne pas moins une forte impression de déjà entendu. Modèle de production et de construction, ce disque sans temps mort, mené tambour battant par un Metheny au sommet de son jeu et légèrement épicé par la marque du foisonnant Sanchez, n’apparaît en définitive que comme l’énième appendice des incontournables Still life (talking) ou Letter from home, là ou Imaginary day parvenait à surprendre. Bref : on ne prend pas les mêmes, mais on recommence.