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4
sur 5

Emmanuel Pahud (flûte), Eric Le Sage (piano)

1997 aura donc été l’année de la consécration au disque pour Emmanuel Pahud. On avait entendu, au printemps dernier, le raffinement et la sonorité veloutée du flûtiste solo des Berliner dans d’exquis concertos de Mozart dirigés par Abbado himself ; on retrouve aujourd’hui le chambriste tendre et poétique dans une délicieuse sélection de pages françaises contemporaines. Au premier rang d’entre elles, bien sûr, la célèbre sonate de Poulenc, où Pahud et Le Sage font assaut d’inspiration, de rondeur et de délicatesse, mais aussi quelques « petites » pièces souvent composées comme morceaux de concours –les Sonatines de Sancan et Dutilleux, ainsi que du Merle noir de Messiaen et du Chant de Linos de Jolivet, où la virtuosité des duettistes n’a d’égale que l’atmosphère enchanteresse qu’ils dispensent. Deuxième d’une série de sept disques que Pahud gravera pour la firme anglaise, ce récital ne fait qu’augmenter notre désir de l’entendre aussi au concert : ce sera le 28 septembre prochain, dans le Double concerto pour flûte et hautbois de Ligeti, dirigé par Salonen (Châtelet).