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4
sur 5

Painkiller poids lourd : quatre CD regroupant tout le travail d’un power trio comme on en fait rarement : John Zorn, Bill Laswell et Mick Harris (qui, rappelons-le, fut batteur de Napalm Death). Le premier disque regroupe les albums Guts of a Virgin et Buried Secrets et est accompagné du seul inédit du coffret, Marianne, sur lequel figurent Keiji Haino (guitare) et Makigami Koichi (chant), titre malheureusement assez moyen doté d’un chant grandiloquent et pénible. Le second est constitué de l’album Execution Ground. On ne reviendra pas sur les trois albums clés du groupe, qui lui ont donné son identité musicale, à savoir un mélange extrême de jazz, de punk, de dub et de hard-core dans des titres à la durée typique du grind-core : déflagrations ultra-puissantes qui dépassent rarement la minute. Le disque ambient est composé de deux morceaux très longs et très intéressants, fresques sombres, répétitives et morbides.

Enfin le live à Osaka, majoritairement dub, est très réussi. On y retrouve notre brailleur favori, l’inévitable Yamatsuka Eye, qui chante comme on égorge et gémit en même temps. Il permet de se rappeler que Painkiller était aussi un très bon groupe de scène. L’ensemble est accompagné des pochettes originales, soignées et luxueuses, qui mélangent une imagerie bouddhiste et gore (cadavres, serial killers, crânes et ossements) basée à dessein sur des photos authentiques, violentes et belles. Au-delà de cette esthétique du malaise évidemment, écouter tout ça d’une traite est inhumain. Painkiller se goûte à petites doses mais à très fort volume.