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4
sur 5

Après s’être fait localisé par nombre backpackers avec son premier opus Squints sorti en 2000, Offwhyte revient dans les bacs avec The Fifth sun, une galette mise en boîte avec l’aide de Open I et Alias (membre d’Anticon et auteur de l’album The Other side of the looking glass). Originaire de Chicago, ce furibond d’origine philippine est un des chefs de file du crew/label Galapagos 4 (qui comprend entre autres Netherworlds, Denizen Kane, Anacron ou encore Cerf 400) à qui l’on doit la fameuse compilation Blackbook sessions, un opus mettant en exergue une flopée de gens on ne peut plus estimable (Dj White Lightning ou Off’ pour ne citer qu’eux). Paradant souvent au sein des Nacrobats ou sur les ailes des Molemen, il a également eu l’occasion de croiser continuellement le fer avec ses potes Qwel et Qwazaar pour les Typical Cats…

Ce qui séduit le plus à l’écoute de The Fifth sun, c’est bien évidemment le flow de Offwhyte, qui étire ses punchlines avec une aisance déconcertante, qu’ils s’agissent de breaks bien développés (Ups) ou de petits beats placés de façon minutieuse (Text feat psiv. abs). Rebondissant sur les basses veloutées, le rappeur/producteur de Chicago s’imbibe parfaitement des harmonies qui l’entourent, pour ensuite s’en échapper en douceur et mieux « chuter » tout en délicatesse afin de placer ses refrains. Saupoudrant à merveille les instrumentaux de sa prose riche, Offwhyte n’hésite pas à heurter les rythmiques véloces de façon saillante (Ups, Masonary), mais également à (dé)ranger sa voix sur des ambiances paisibles, en restant continuellement bien « installé » (High fidelity, Complex destiny ou encore le petit bijou Reincarnated gonads).

Proche de la démarche poétique de certains membres du crew Anticon (Dose One en tête), Offwhyte essaime au gré des morceaux son amour des vocables, et l’on sent bien que le gaillard à l’habitude de dresser ses dictons hip-hop lors de battles et autres freestyles verbaux. Si les productions ne sont pas toujours à la hauteur de son phrasé (Alias ne casse pas vraiment les murs sur Beta alpha), on écoute tout de même avec attention les interventions de cette jeune pousse de 25 ans, qui sort fréquemment des sentiers battus. On pense notamment à la petite sphère Paramount, dont les bruines de synchronismes glacées et autres voice-samples variés caressent gentiment l’échine tout en servant des sonorités plutôt antinomiques (on passe d’une voix pitchée biscornue au marteau-pilon KRS One, dont la rime est ici samplée à partir du morceau We in here). Si l’album se clôture sur l’excellente joute verbale Offwhyte vs Bubba, c’est certainement une fois de plus pour mieux prouver l’inclinaison d’Offwhyte pour l’art des battles (on assiste en effet à un véritable match de boxe, avec gong et commentaires à l’appui). The Fifth sun est un album séduisant, qui laisse présager de très bonnes choses pour la suite des aventures de Offwhyte, et par extension, des Galapagos 4.