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sur 5

(Act/Night & Day)

1) Ifrikyia (Karim Ziad / N. Lê) – 2) Constantine (Youcef Boukella / N. Lê) – 3) Louanges (Karim Ziad) – 4) Yhadik Allah (B’net H. / Karim Ziad / N. Lê) – 5) Nora (Karim Ziad / N. Lê) – 6) FunkRaï (N. Lê) – 7) L’Arkha li Jeya (B’net H. / Karim Ziad / N. Lê) – 8) Guinia (N. Lê / Dominique Borker) – 9) Nesraf (Mohammed El Anka / N. Lê).

Nguyên Lê (elg, acg, fretless bass, cithare vietnamienne, prog.), Karim Ziad (d, perc, gumbri, voc), Michel Alibo (elb), Bojan Zulfikarpasic (p), B’net Houariyat (voc, perc), Wolfgang Puschnig (as), Paolo Fresu (tp), Alain Debiossat (ss), Stefano di Battista (as, ss), Mokhtar Samba (d), Cheb Mami (accordéon synth), Djemaï Abdenour (mandola, banjo algérien), Mejdoub Ftati (vl), Aziz Sahmaoui, Mehdi Askeur, Gaèlle Hervé, Marielle Hervé (voc), Mohamed Menni (voc, perc), Huong Thanh (voc), Hao Nhien (flute vietnamienne), Jean-Jacques Avenel (kora), Aly Wagué (flute peul, voc).
Enregistré de janvier à mars 1998 à Paris.

Homme de racines, le guitariste Nguyên Lê aime à explorer les siennes -voir son album Tales From Vietnam– comme celles des autres. Avec son groupe Ultramarine, il avait exploré l’Afrique noire et les Antilles, avec ce dernier album, il nous fait découvrir celle de ses amis de Barbès, quartier de Paris où il vit. Ce projet est né de la rencontre avec le batteur algérien Karim Ziad qui compose ici quatre thèmes. Karim a été son guide dans ce monde d’une richesse culturelle insoupçonnée. On connaissait déjà les musiciens Gnawa du Maroc, confrérie de guérisseurs qui ont fait parler d’eux à plusieurs reprises dans la sphère du jazz. On connaissait moins bien les B’net, autre confrérie marocaine, chargée d’animer mariages et cérémonies et aussi d’ouvrir le rituel de transe Gnawa. Et il faut dire qu’ici les B’net Houariyat sont une véritable découverte, cinq femmes chanteuses et percussionnistes qui délivrent à chacune de leurs interventions un véritable flot d’énergie brute. Cet aspect est encore plus frappant en concert, comme il nous a été donné de l’apprécier récemment au New Morning à Paris.

Mélange à la fois de tradition et de modernité, cette musique repose sur un vocabulaire peu commun, celui du monde berbère. Nguyên Lê sait à merveille faire coexister le plus pacifiquement du monde deux cultures. On est ici loin des marchands de la world music, il s’agirait plutôt d’une musique aux accents universels. Avec des accents tantôt rock, tantôt jazz, tantôt vietnamiens, sa guitare vous emmène au bord de la transe, à vous de franchir le pas si vous le désirez. Il est ici accompagné par la fine fleur du jazz en Europe et par des musiciens nord-africains qui, bien que rompus aux techniques du rock et de la pop music, n’en n’ont pas pour autant perdu leurs racines. Un grand album à ne pas manquer.