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4
sur 5

Patrick Dechorgnat (piano), Henschell Quartett


Patrick Dechorgnat
n’est pas inconnu du public des salles parisiennes : ce jeune pianiste discret (ancien disciple de Perlemuter) se produit régulièrement à Gaveau et au Louvre, en soliste comme en formation de chambre, et dans des programmes souvent très exigeants. A l’image de ce premier enregistrement, sans concurrence actuelle puisqu’il nous donne à entendre trois concertos pour piano de Mozart dans leur version inédite a quattro -plus qu’une simple figure de style, un véritable retour aux sources de ces œuvres : musique de chambre, stricto sensu (que l’on jouait alors dans les salons viennois), et grand public, si possible (c’est Wolfgang Amadeus lui-même qui le dit à son père : il faut écrire des choses si simples à retenir que même un cocher de fiacre les chantonne -belle leçon d’humilité, entende qui voudra…).

Des partitions maintes fois ressassées, si l’on peut dire, en grand appareil, nous sont donc rendues dans leur équilibre originel, parfaitement respecté par Dechorgnat et ses comparses du Henschell Quartett : piano et cordes s’entendent et se répondent formidablement, préservant l’esprit concertant de ces pages sans les réduire à des divertissements qu’elles ne sont pas (le compositeur revient à cette forme d’écriture cinq ans après son chef d’œuvre de Jeune homme, c’est dire si ces concertos sont tout sauf de l’impromptu…).

D’une pierre deux coups : découvrez Mozart tel que vous ne l’avez jamais entendu, par de jeunes interprètes généreux et audacieux (et par les temps qui courent, ce n’est pas le moindre de leur mérite) : un « début » discographique en tous points remarquable.

Stéphane Grant