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4
sur 5

Mike Ladd a toujours eu de surprenantes intrigues dans son sac. Après avoir bourlingué avec une kyrielle de Mc’s new-yorkais baroques (Company Flow sur le superbe Welcome to the afterfuture, par exemple), échangé quelques mots avec des rappeurs anglais déjantés (les projets Infesticons et Majesticons, édités sur Big Dada), il revient en grande forme sur le label teuton !K7 avec Nostalgiator. Dès la première écoute, cet opus surprend pour la direction artistique ici étendue : batterie lourdes, guitares et chants Hendrixien (Troubleshot) viennent s’entrechoquer pour ensuite laisser la place à des ballades electro-pop (le tube Housewife)… Un éventail varié qui laisse pantois d’admiration. Il y a en effet ici beaucoup de vigueur, de fraîcheur et d’inventivité, de mise en forme à géométrie transitoire, comme en attestent la furie rock découlant sur Wild out day ou Afrostatic, les passages electronica tranquillisants sur le délicieux Nostalgiator, ou encore le spoken-word avenant sur How electricity really works ou Off to Mars. Ce qui plaît sur cette galette bigarrée, c’est la façon dont Mike Ladd laisse aller son imagination créatrice toujours débordante et surprenante, prenant à contre-courant ses propres antécédents, allant chercher des couplets et des refrains là où on ne les attend pas (Learn to fall). Il n’y a ici rien à jeter, tout à découvrir et à apprécier, comme la voix de Ladd qui varie selon les ambiances, les synthés analogiques qui fusent ou les musiciens qui l’entourent parfaitement sur certains morceaux (Damali Young à la batterie, Jaheel Bunton à la guitare, Vijey Iyer aux claviers…). Et tout cela finit en beauté, sur une ballade de crooner nourri à la codéine (le mirifique Sail away ladies), qui démontre combien Mike Ladd est audacieux et rêveur, conscient mais pas trop… Nostalgialator est un album rafraîchissant, qui surélève avec brio la discographie cyclothymique de Monsieur Ladd. Après avoir largué les opus sous les alias Infesticons et Majesticons sur Big Dada, l’auteur de Vernacular homicide revient donc en grande forme.

C’est également le cas de TTC qui prépare le terrain de son nouvel album avec leur Dans le club Ep. Première mise en bouche d’un album (Bâtards sensibles) très attendu qui devrait débarquer à la rentrée, le nouveau maxi de TTC défonce des barrières. Sur des productions (orchestrées par Para One) nappées de breakbits distingués et de samples colorés, Tido, Tekilatex et Cuizinier placent leurs toiles de phrasés baroques, forment un kaléidoscope enluminé, toujours en mouvement. Le tube Dans le club fait sautiller les jambes et le cerveau, tandis que Codeine place un hommage bien arrangé au son codéiné façon Dj Screw. Le blend de Teamtendo (qui sort son WE Ep sur Institubes dans la foulée et qui devrait parachuter sous peu Miss Ep sur Deco et You Ep sur Kone) du track GameOver 99 rajoute un peu de piment d’electro jouissive à cet opus déjà très riche en saveur. On attend l’album avec impatience.