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3
sur 5

Click and Cut. Dans la grande lignée des concepts nouvo-rhizomico-viraux made in Cologne, cette nouvelle école electronica trouve sa cohérence derrière une communion technologique et une utilisation identique de la souris du powerbook (click !) et des macros de commande du menu pomme (ctrl X, ctrl V !). Le résultat, à défaut d’être en rupture totale avec les précédentes tentatives de robotisation musicale, est convaincant. Stephan Schneider, krautrocker devant l’éternel, renoue dans ce nouveau projet avec le son à la Mille Plateaux et autres Sub Rosa, c’est-à-dire un son épuré au maximum et une économie de moyens notable. Un vague synthétiseur Apple computer nappe l’horizon digital d’un vide absolu, quelques spores musicales traînent au loin, bref rien de nouveau sous le soleil métal de l’electro-choucroute.

Après la techno quasi garage de son premier projet solo (Schneider TM), le membre de To Rococo Rot pratique le nivellement par le vide et nettoie de fond en comble les strates électroniques. Exit les scintillements d’une boîte à rythmes déjantée et les à-coups chaotiques d’un sampler saturé. Au contraire, la part belle est faite à de longs drones hypnotiques et des pulsations sourdes, clairement rangés en une poignée de sons répétés à l’infini. Car la répétition, ici, devient tout un art. On connaissait bien ces braves concepts de « différence et répétition » ; Mapstation, en moins de quarante minutes, nous transpose ces données universitaires dans le champ electronica et assène sa vision des choses. Un souffle musical indéfiniment pulsé, sans heurts significatifs, voilà de quoi résumer la couleur d’un album/maxi qui cherche à tout sauf à éblouir. De la sobriété bien sûr, servie comme il se doit par un retrait de toute humanité, souligne l’évanescence des lignes musicales. Eno nous avait servi ses « Music for Airports » et autres papiers peints musicaux arty tendance minimaliste ; Stephan Schneider offre avec Mapstation une cartographie plus dépouillée et plus froide encore que le maître anglais. Click and Play.