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3
sur 5

Kathleen Hanna, fondatrice du groupe punk riot grrrl Bikini Kill, rencontre Johanna Fateman lors d’un concert de Bikini Kill à Portland, Oregon, en 1994. Grande fan de Bikini Kill, un des plus impressionnants groupe de scène des 90’s, Fateman remet un exemplaire de son fanzine à Hanna après le concert. Début d’une longue amitié, qui les mènera des concerts riot-grrls du milieu des 90’s (en même temps que Huggy Bear, Lung Leg et toute la clique d’Olympia-K Records) à New York au début des 2000, où elle rencontre JD Samson, activiste drag-king moustachue, qui donne dans l’art vidéo, remplace Sadie Benning et devient troisième membre officiel du trio Le Tigre. Le trio met sur pied un nouveau genre de pop féministe, mariant l’immédiateté punk à l’efficacité électronique (samples, programmations), le long de perfomances scéniques mémorables, entre show arty et happening politique. Après Le Tigre et Feminist sweepstakes, This island est leur troisième album (sans compter un album de remixes paru entre-temps), le premier à paraître sur une major. La production a été conjointement assurée par le groupe et Nicholas Sansano (Jon Spencer, Soul Coughing, Sonic Youth). Rik Ocasek, ancien leader des Cars, a également participé à la production (une caution mainstream ?).

De fait, le son est plus lourd et efficace que jamais, la prod’ et le mastering assurant une possible accessibilité à une musique pas si évidente. Ni Peaches, ni Chicks On Speed, Le Tigre a ses spécificités : guitares électriques millimétrés, refrains-slogans chantés-hurlés, beats electro hachés, tantôt punk, tantôt pop. Rien pourtant d’équivalent au tube qui les a fait connaître, le fameux Deceptacon qui sera plus tard remixé par James Murphy. Seul point d’ancrage au dancefloor, une reprise à contre-emploi de I’m so excited, des Pointer Sisters, qui ravira le public gay-disco. Le reste de l’album décline sans grand relief paranoïa agressive, (auto-) critique, politique-fiction, slogans féministes. La cover présente Kathleen Hanna et Johanna Fateman avançant JD Samson en candidat idéal, à une élection fictive (de fin d’année ? le gendre idéal ?), pointant l’idée d’un monde féminin et auto-suffisant. De fait l’album se veut politique, anti-Bush (New Kicks, mais c’est trop tard…) et pro DIY (il est toujours temps !). Les lyrics sont toujours le moment de se poser des questions. Les fans apprécieront, les autres iront plutôt voir Le Tigre en live, où se trouve la véritable énergie du groupe.