PARTAGER
5
sur 5

Tout le monde y va de son hommage. Mort le 28 juillet 1750, Jean-Sébastien Bach marque la fin et le début d’une nouvelle ère musicale. Comptez bien, 2000 moins 1750 égale 250. Ça pourrait bien être les millions de dollars du pactole, vu l’acharnement que toutes les majors mettent à sortir leurs disques anniversaire. Sony avec Glenn Gould, Harmonia Mundi avec Philippe Herreweghe ou Christie, etc.

Parmi les prétendants, Teldec, firme allemande née de la fusion Telefunken-Decca (appartenant aujourd’hui à Warner) fait fort : l’intégrale de l’œuvre du Kantor. Vous avez bien lu Intégrale, 153 disques, quelques dizaines d’heures de musique. Disponible dans les bacs depuis début septembre, l’intégrale (dont on critiquera bientôt certaines nouveautés) vaut 5 800 Francs, comporte 12 volumes classés par catégorie : cantates (réédition de la passionnante intégrale Leonhart-Harnoncourt entreprise dans les années cinquante), musique pour clavier (avec Scott Ross, Olivier Beaumont, Andreas Staier, Leonhart…), musique de chambre (Franz Brüggen, Harnoncourt, Jean Pierre Rampal…), pour orchestre… bref, c’est plutôt cher (40 francs par CD tout de même) mais incontournable. Toute la révolution baroque (voir notre événement de juillet) est représentée, avec en tête Gustav Leonhart et Nikolaus Harnoncourt, qui ont fait de la musique baroque une des grandes redécouvertes de notre temps.

En digest, en guise de mise en bouche pour le collectionneur (ou de repas complet pour les autres), Teldec propose un CD-présentation de la collection. Loin du luxueux coffret de 153 compacts (ou d’une version plus courte de 93 CD sans les cantates), l’objet présente quelques temps forts de l’intégrale. C’est très frustrant, bien sûr, d’entendre tel mouvement d’une Suite, telle autre Variation Goldberg, tel extrait d’un Concerto. On se consolera par le prix de ce CD de présentation (moins de 50 francs) et on se dira que, plus tard, peut-être dans 50 ans (pour le tricentenaire) on revendra à prix d’or les collectors, ces compacts préhistoriques, de l’avant MP3, dernières traces matérielles de Jean-Sébastien Bach.