PARTAGER
5
sur 5

Certainement l’une des plus importantes révélations de cette année 2002, comme a pu l’être Bevel pour nous en 2000, James Yorkston s’inscrit d’emblée dans l’éternelle tradition du folk écossais, qui va de John Martyn à Dick Gaughan en passant par Bert Jansch, trois influences que pourraient revendiquer Yorkston, qui définissent un genre musical à la richesse inépuisable. C’est d’ailleurs John Martyn qui donna sa chance à James Yorkston en le faisant jouer à Edimbourg en première partie. Ainsi, le deuxième morceau de ce premier album, St-Patrick, incarne la quintessence folk écossaise, comme Saint Andrew le golf.

En l’espace de dix titres, James Yorkston visite le passé, le présent et le futur du folk écossais. La grande majorité de ces morceaux sont tout simplement parfaits, de leur interprétation pastorale (l’album a été enregistré dans un cottage isolé) à leur tonalité élégiaque, révélant les somptueux talents de compositeur de Yorkston. On retiendra ainsi Sweet Jesus, le merveilleux Tender to the blues, Moving up country, Roaring the gospel, The Patience song et bien entendu St-Patrick. Ailleurs, sur I spy dogs, James Yorkston, ancien bassiste du groupe punk Huckleberries, renoue avec le son acoustique et sec des Pogues.

La cohérence de ton est impressionnante, cet album rappelant également le fameux Just another diamond day de la géniale Vashti Bunyan, pour laquelle James Yorkston vient de composer quelques morceaux pour son nouvel album produit par Simon ‘Cocteau’ Raymonde. Ce dernier a également produit l’album de James et de ses Athletes, athlètes multi-instrumentistes qui accompagnent délicatement ces dix compositions : le sitar, le violon, les pipes écossaises, l’harmonium ou l’accordéon se marient parfaitement avec cette voix chaude et grave, à la diction raffinée, celle d’un grand lecteur. Un album et un artiste classiques sont nés.