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3
sur 5

Michael Fakesh et Chris De Luca (aka Funkstörung, qui se traduit par « interférences radio » en français) se sont fait connaître pour deux raisons : Un, ils ont fait un étonnant remix de Björk (présent sur cette compilation de remixes). Deux, ce sont les meilleurs clones d’Autechre de la planète (à tel point que ceux-ci les ont quasiment attaqués pour plagiat). Additional productions regroupe donc quelques-uns des remixes qui ont fait leur célébrité, les couronnant de l’aura inattendue de groupe culte. Mais peu importe. Que valent ces huit remixes ? Avant tout, ils se ressemblent. Pour faire court, les remixes de Visit Venus (Yo Mama’s Records), East Flatbush Project (Chocolate Industries Records), Various Artists (Fat Cat Records, prix du meilleur nom pour un groupe electronica, prix du meilleur groupe casse-tête pour disquaires) sont assez similaires, c’est-à-dire qu’ils ressemblent à du Autechre pur jus, circa Garbage (1995). Ce n’est évidemment pas un reproche puisque les morceaux sont très bien construits et produits. Le remix de Björk sort du lot parce que c’est Björk et que sa voix par-dessus ou en-dessous des bruitages électroniques du duo fait merveille. Celui de Finitribe se distingue par son petit piano, un peu de chaleur dans un monde de circuits mal branchés. Le morceau avec DJ Craze est sale comme du Alec Empire en colère ou du Twisted Science en forme, et sonne plutôt bien. Le remix du Wu Tang Clan est assez génial : pour la première fois, le lien sous-jacent entre le rap et l’electronica est mis en évidence et ça fonctionne très efficacement, notamment grâce à la voix, agressive et (pour une fois) non supprimée du remix.

Enfin, celui de S’Apex fait penser à -devinez qui ? Est-ce un hasard ?- Aphex Twin, bien qu’il ne s’agisse pas du tout de lui. Ajoutez une belle (bien que très prévisible) pochette de Designers Republic -décidément les designers incontournables des 90’s, de Wipeout 3 et, accessoirement, de tous les disques d’Autechre…- et vous obtenez une des meilleures compilations d’inédits d’Autechre, pardon, de Funkstörung, groupe au fort potentiel et à la personnalité plus affirmée qu’il n’y parait à l’écoute de ce disque. Après celui-ci et les maxis sur Compost, on attend plus du duo de Rosenheim qu’une simple relecture d’Autechre ou de Boards of Canada, notamment parce que leur musique est toujours chargée de mélodies émouvantes, ce qui est particulièrement agréable -et unique.