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sur 5

Cadeau de fan pour ses fans, Le Détour est un beau coffret 3 disques mis en forme par Dominique A lui-même. Il nous invite sur les traces d’une carrière d’une dizaine d’années et force est de constater qu’elle est déjà très riche et contrastée. On retrouve, sur les deux premiers volumes, une sélection des six albums studio (de La Fossette à la récente collaboration avec Oslo Telescopic, The Dominic O project) sans désir de chronologie ni équité particulière entre les différents volumes mais avec un souci de logique et d’enchaînement des titres qui fonctionne plutôt bien.

La surprise vient de l’accent mis sur les albums récents : alors qu’il semble avoir bien du mal à assumer Remué, c’est l’album le plus présent ici puis viennent à égalité La Mémoire neuve et Auguri. On conserve les tubes (Twenty two bar) et on exhume quelques titres moins fêtés (L’Adversité). Le véritable intérêt de ce coffret réside dans le troisième CD qui regroupe des titres inédits ou rares (extraits de compilations, bandes originales de films ou de EP épuisés) et quelques extraits du légendaire Un Disque sourd, un premier album vinyle auto édité, à l’époque, à 150 exemplaires (et que Dominique A s’était toujours refusé à exhumer). En ce qui concerne Un Disque sourd, on n’en retrouve malheureusement que deux titres, Syl et L’Attirance -alors que les autres chansons sont plus qu’honorables pour un premier essai-, mais elles permettent de redécouvrir cette voix androgyne qui avait tant fait dans le charme qui opérait sur La Fossette. On trouve aussi de belles versions de travail de La Valse boîte ou Un Insouciant, cette version de Retrouvailles avec un tout autre texte et une toute autre ambiance.

Les inédits recèlent quelques perles (Comme aurait dit Ben, La Lumière et l’enregistrement) mais, bien sur, le fan en voudrait toujours plus et troquerait volontiers, à la place des morceaux plus ternes (Enfin démissionnaire, Friseur von Elvis, Teenage kicks), cette mystérieuse version du Lumières de Manset, qu’il jouait en ouverture de ses concerts cet automne, comme la plupart des reprises que l’on a eu l’habitude d’apprécier live au cours des années (Le Bal des Laze de Polnareff, les reprises de Daniel Johnston…). Le Détour demeure quoiqu’il en soit un bel objet, avec un livret épais aux photos généreuses, du Dominique « à houppette », des débuts, à son incarnation récente, plus Barthézienne. Des témoignages d’anonymes y figurent, venant dire le rapport qu’ils ont entretenu avec le répertoire de Dominique A sur la décennie écoulée. Rendez-vous est pris, dans 10 ans, pour le prochain coffret… Pour les fans insatiables, une autre compilation, L’Arrivée, plus modeste, est parue en septembre sur le marché allemand, qui propose un autre tracklisting, mais sans inédits ou raretés.