PARTAGER
2
sur 5

Si ce nom ne dit rien à nombre d’entre vous, sachez que ce « vieux » Tenaglia n’est pas né de la dernière pluie. Il est l’auteur en effet de quelques-uns des remixes les plus rebondissants de ces vingt-cinq (et oui vingt-cinq !) dernières années, qui ont fait se trémousser les night-clubbers des soirées house-techno-dance de New York à Toronto, de Chicago à Acapulco. Toute sa vie a été consacrée à la musique, des autres en particulier (Madonna, Janet Jackson, Me’Shell, le Supernature de Cerrone, et le dernier album des Pet Shop Boys, qu’il a co-produit, sont à son tableau de chasse), et il enregistre sous son nom depuis 1995 et l’album Hard & soul.

Seulement, s’il faut reconnaître que Danny Tenaglia est un excellent mixeur et producteur, cela n’en fait nullement un bon compositeur. Il aurait sans doute eu besoin de toute la facilité mélodique et d’un zest d’humour des Pet Shop, par exemple, pour se sortir de cette facilité employée ici à outrance.

Tenaglia reste trop collé à ses années quatre-vingts de house américaine et se prive de tout ce que nous a apporté la techno expérimentale depuis le milieu des nineties. C’est dommage, car le rythme est bon, en général, et le son, superbement électropop, mais les cellules instrumentales trop pauvres et les morceaux trop bavards et forcément répétitifs (cf. Music is the answer, Turn me on), à l’image de ce qu’il avait réalisé pour Madonna dans les années quatre-vingts. Mais ce qui nous plaisait tant dans les eighties, il y a quinze ans maintenant, ne nous ressemble plus beaucoup aujourd’hui et on aurait aimé que Tenaglia évolue avec nous, ce qui n’est pas le cas.

Les titres jouent sur la longueur, ce qui est on ne peut plus normal pour de la musique techno, mais le fait que leur construction n’évolue guère (sauf sur le réussi et daftpunkien Better days) invite l’auditeur à zapper sur le suivant, à moins de ne penser à garder la galette que pour les soirées techno/groovy du mois d’août, ce qui restreint tout de même l’utilisation de cet album. En effet, il invite surtout, plus qu’à danser, à retourner voir ce que Tenaglia a fait sur les morceaux des autres.