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3
sur 5

Deuxième album de Brandi Ifgray, après Le mutant (1998) et le maxi Maurice Fulton remixes, sur Puu (traduction : « bois »), la division housy/easy listening/jazzy du label finlandais Sähkö. Produit, comme Le mutant, par Jimi Tenor (qui a sorti deux albums sur Sähkö avant son succès international), Stargazer est une merveille d’electronica et de post-rock. Orgue, flûte et vraie batterie, synthétiseurs et cymbales, guitares et trompettes ne se sont jamais aussi bien mélangés depuis, disons, le génial Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer de Jacques Thollot (sur Futura).

Le disque commence par Free (déclaration d’intention on ne peut plus limpide), sorte de clin d’œil bordélique à Pink Floyd et Soft Machine. Brains est un morceau électronique avec des basses lourdes comme chez VVV et une voix langoureuse comme celle du Jimi de Barcelone : la sensualité d’aujourd’hui, c’est ça. Scam, avec sa vraie batterie et ses effets droits tirés de Planète Interdite montre le chemin à des Add n To X trop glamour et Mono, très house, est magnifique comme du Suicide… Voire du Pet Shop Boys ! No chance est une ballade crépusculaire avec une voix en écho (et toujours derrière, l’ombre de Jimi T.) ; Bones est une ballade pop qui rappelle Julian Cope et ses Teardrop Explodes, mais avec les synthés de Jimi, une guitare funky, une basse Western, une trompette planante : soupirs de volupté… Ears est un petit funk, justement, largement relax et spatial, avec moog et guitares de plaisir… En provenance directe des mers de Mars, tel le morceau suivant : Seas of Mars, basé sur le ressac de vagues de flûtes et de trompettes aériennes en diable : musique pour cauchemar du capitaine Kirk. Freeloading et son piano mécanique déglingué, sa voix décalée de Butthole Surfers, fait un petit peur aux grands enfants que nous sommes. Enfin, le disque se termine avec Sirens et son vibraphone (et nous qui nous sommes attachés à un mât pour ne pas succomber à leur chant) … Tellement musique de film, tellement JimiTenorien, tellement agréable et humble, référencé sans trop l’être, Stargazer -qui porte bien son nom- est réservé à ceux d’entre nous qui peuvent s’offrir le temps d’être contemplatifs et de fixer les étoiles. Un disque discret, magnifique et attachant.