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4
sur 5

Voilà de la musique évidemment très catholique, composée à l’occasion du jubilé de l’archevêché de Salzbourg, en 1682. Musique de cérémonie -les spécialistes appellent aussi cela « œuvre de circonstance » : on n’est pas tout à fait persuadé que Biber en soit le compositeur, puisque manuscrit et matériel d’exécution ont probablement fini dans les poubelles de l’histoire. Subsiste une partition d’orchestre, conservée aujourd’hui dans les archives de la cathédrale de Salzbourg. C’est là que seront allé fouiner deux des plus éminents baroqueux d’aujourd’hui, Goebel et McCreesh, pour ressusciter cette pièce monumentale et virtuose. Grâces leur soient rendues.
L’oeuvre est donc grandiose -un « monstre musical » selon les propres termes de Goebel (à qui l’on doit, depuis quelques années, de redécouvrir l’oeuvre méconnue de Biber) : hautement baroque, à l’image de ces gros édifices boursouflés que l’époque nous a livrés, solennelle et festive, mais aussi d’une virtuosité (vocale et instrumentale) éblouissante. Les Köln et Gabrieli s’entendent et se complètent à merveille, servis de surcroît par une prise de son très spectaculaire ; dans le genre, voilà un must qui devrait convertir les plus mécréants d’entre nous.