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4
sur 5

Il existe dans le monde actuel une grande tradition de musiciens voyageurs, à qui nous devons bien des échanges entre les peuples. On n’aurait pas assez de place, s’il fallait tous les citer. Mais on se contentera ici de vous parler de Baaba Maal, le prince du Yela pop from Sénégal, un rythme d’origine halpulaar à base de claquement des mains et de percussion calebasse. Né à Podor dans le Fouta, à la limite de la frontière mauritanienne, il vient de sortir son dernier album, Nomad soul, sous la bannière du nouveau label de Chris Blakwell (celui qui a jadis découvert Marley).
Un album qui rend hommage à son âme profondément nomade, un feeling hérité certainement de la culture séculaire de son peuple. Un album enregistré entre Dakar, Kingston, Londres et New York. Sur lequel on rencontre les gracieuses voix des Screaming Orphans (l’Irlande), de Luciano (Jamaïque). Sur lequel on surnage en apparence entre les mystères du tama noir emprunté au continent noir et le groove dance dit occidental (funk et rap compris). Un album africain à tiroirs… en réalité où défilent, à côté de ses fidèles (son ami Mansour Seck entre autres), les invités prestigieux. Brian Eno, Jon Hassel, Robbie Shakespeare, Howie B… On y trouve même du ney (flûte), version rapportée d’Istanbul. Et puis il y a surtout cette voix qui nous guide le long de l’album, une voix puissante, fougueuse, entraînante, qui contribue tellement au mythe du leader de Daande Lenöl (la voix du peuple, le nom de son groupe).