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3
sur 5

(Kardum/Harmonia Mundi)

Le deuxième volume d’une série consacrée à cette musique, née à la fin du 18ème siècle dans les bas-fonds de Lisbonne, dans une ambiance malfamée et survoltée de ruelles à maquereaux et de bars à putes. Héritier de plusieurs influences musicales, qui vont de l’Orient (le chant) à l’Afrique (le calundum bantu), en passant par le Brésil (le choro) et la Provence (les troubadours), le fado, avec ses voix frémissantes de vie, saura très vite réunir et émouvoir dans une même célébration toutes les classes sociales de la capitale portugaise. Sans distinctions.

Maria Alice, Madalena Do Melo, Maria Do Carmo Torres (mère d’un des plus grands fadistes contemporains)… Ces célèbres voix du fado, qui n’auront de cesse de cultiver le mythe de Maria Severa, la première à séduire le bon peuple (elle n’était paradoxalement ni chanteuse, ni musicienne mais prostituée), ont su porter en elles l’esprit de la « saudade » et fixer les malheurs des petites gens sur de somptueuses mélodies contemplatives, accompagnées par le son de deux instruments d’époque, la violão (guitare espagnole, six cordes en nylon) et la guitarra (typiquement portugaise, douze cordes en acier). Ce disque, qui rend un bel hommage à leur talent, concerne des enregistrements effectués entre 1925 et 1945. A l’heure où l’on parle de Bevinda, il est mieux -peut-être- de revenir sur l’histoire de cette musique fabuleuse pour mieux en apprécier la valeur…