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4
sur 5

Et si la musique industrielle revenait au goût du jour ? Si, après la vague débilitante et trop proprette des synthés old-school retunés pour la grande farce pseudo-musicale et hyper-médiatique de la french (no)touch, on ressortait les ambiances délétères des 80’s. Mais attention, ici pas question de se la jouer revival avec quelques accents disco de mauvais goûts, ou d’incorporer des vocaux à la Romanthony à chaque coin de sample ; dans l’univers métal des nuits industrielles, on ne transige pas avec la dark-attitude. Ni totalement corbeau, ni même esthète hardcore, 2nd Gen tente d’imposer en ces temps de frimas sa vision tendue et acérée de la musique électronique.

On a voulu nous faire croire que la musique se devait d’être distrayante, joyeuse. Qu’elle communiquerait un bonheur sans lendemain et préfabriqué pour l’occasion. La belle affaire. L’expérience musicale, comme tout achèvement artistique d’une quelconque envergure, passe par la transgression et la violence aux réalités déjà trop installées. Irony is, en toute modestie, renonce à l’apologie des masses et renoue avec la grande tendance du « seul contre tous ». Contre ? Tout contre. Plus proche que jamais de Throbbing Gristle de par ses aventures technoïdes démembrées, déshumanisées, 2nd Gen approche pas à pas la quintessence d’une musique industrielle trop vite enterrée dans un de ces hangars industriels dévasté par les raves parties de la fin de décennie. Les voix, vocodées, résonnent dans le grésillement hasardeux d’un échantillonneur mal réglé ; la basse grondante, estampillée Janick Top, porte les effluves répétitives des scintillements environnants. Jamais dans l’obscurité obsédante de ce disque ne poindra une quelconque lueur d’espoir. Car d’espoir, il n’en sera pas question. Tout au plus une vague torpeur, une hallucination transperçant les rêves d’usines électriques d’un groupe en mal de machines détraquées. Un disque dense qui rappelle les envolées en Harley-Davidson de Alan Vega période Suicide pour l’esprit, et Etant Donnés (voir leur fabuleux Re:Up sur le label DSA) pour la forme. Uncool, obligatoirement.