C’est parti pour la rentrée de janvier, l’autre grand moment de l’année littéraire. Echos, rumeurs, sorties, agenda : petite revue de ce qui nous attend. En 2016, donc…

On s’écharpe, une fois de plus, autour de l’héritage de Charlie Hebdo, un an après la tuerie. Denis Robert part à l’attaque dans l’Obs contre le bouquin de Philippe Val, rempli selon lui de contre-vérités. Oui, nous aussi, elles nous fatiguent, leurs histoires, même si on n’est jamais mécontent de voir ce vieux pignouf sentencieux de Val se faire voler un peu dans les plumes.

On s’endort admirativement dans l’énorme roman de Bob Sacochis, La femme qui avait perdu son âme, finaliste 2014 du Pulitzer, 800 pages denses traduites par François Happe (Gallmeister).

On a envie de coller des baffes à Edouard Louis qui, après le succès de son Malvenue chez les Chtis et ses diverses prises de position publiques grotesques contre ceci ou pour cela, revient avec son deuxième roman, un navet pompier intitulé, en toute simplicité, Histoire de la violence (Seuil). Monsieur s’est fait agresser sexuellement par un type louche qu’il a ramené chez lui, et il n’en revient pas. Style compliqué, sociologisme, nombrilisme.

On apprend qui fut Alexandre Grothendieck, le mathématicien génial et fou, dans l’épatant petit roman de Yan Pradeau, Algèbre (Allia). Et dans un essai à paraître en février, signé Philippe Douroux (Allary).

On retourne dans le spleen des 80’s avec Bayon, qui publie son journal de l’époque, Roulette russe (Pauvert).

On continue un peu de se demander ce que Granta trouve à l’agaçant Adam Thirlwell, dont l’Olivier traduit l’irritant Candide et lubrique. Bon…

On fonce sur le roman de notre collègue et ami Fabrice Colin, La poupée de Kafka (Actes Sud). Non, ce n’est pas impartial, comme conseil, c’est vrai. Ca ne l’empêche pas d’être très bon. Le conseil. (Le roman aussi, du coup).

On découvre que David Cronenberg écrit, aussi (Consumés, Gallimard).

On se dit que Christine Angot ayant publié un roman en 2015, on devrait être tranquille cette année.

On voit Vollmann rajeunir : traduction de son premier roman, Les anges radieux (Actes Sud).

On cogne à l’arme lourde : lisez l’article ravageur de Richard Millet en ouverture du nouveau numéro de la Revue littéraire (Léo Scheer), où il s’en prend à Maylis de Kerangal et à un peu tout le monde. Excessif et sans nuances. Oui, et alors ?

On surveille les premiers romans, notamment Notre château d’Emmanuel Régniez (Tripode) et Vie et œuvre de Constantin Eröd de Julien Donadille (Grasset). Et Jean Octeau (Les tilleuls de Berlin, en février chez Grasset), pour le plaisir d’observer que non, ce n’est pas une faute de frappe.

Un auteur est né : le Premier ministre publie le recueil de ses discours post-attentats (L’exigence, Grasset). Ses nègres seront-ils crédités ? (Hein ?! Quoi ?! Il écrit ses discours lui-même ?!) Exercice pratique : allez sur le site officiel de Matignon, récupérez en quelques clics les discours en question, et faites votre propre édition du livre, à usage privé, pour pas un rond.

Une auteure est née : notre aimable consœur Nelly Kaprièlian, ci-devant critique aux Inrocks, publie son deuxième roman, Veronica (Grasset). Mmmm. On va peut-être lire Valls d’abord, non ?

Kermitt, vingt ans après. Mitterrand partout en librairie, pour cause d’anniversaire (1996-2016). Œuvres complètes aux Belles Lettres, etc. L’occasion de vérifier que oui, ça, il avait du style.

On salue Alberto Manguel, fraîchement nommé patron de la Bibliothèque Nationale argentine. Et on lit son De la curiosité, encore en librairie (Actes Sud).

Planquez-vous, BHL est là (Le génie du judaïsme, Grasset).

A suivre…