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Lorsque l’on évoque le comte de Mirabeau, on pense à l’orateur talentueux qui animait avec verve et force de conviction les débats de la Constituante. Mais il est autre chose encore. La collection Babel a décidé d’éditer une année décisive de sa correspondance.

Nous sommes en juillet 1777, le jeune comte est enfermé dans le donjon de Vincennes à la suite d’une demande de son propre père qui voit d’un mauvais œil la liaison qu’entretient son fils avec une dénommée Sophie de Monnier. Une escapade de quelques mois en Hollande a provoqué un scandale au sein des deux familles. Sophie, mariée, mais néanmoins enceinte de son jeune amant a été placée dans un couvent. Le comte, de son côté, a été conduit dans ce donjon ô combien immortalisé par ses occupants les plus illustres. Il va, durant l’année 1777, entretenir une correspondance des plus enflammées avec Sophie, qui témoigne de sa grande tendresse pour elle.

Le choix de Béatrice Didier est de restituer cette liaison épistolaire, qui contrairement à celle de Denis Diderot et Sophie Volland, dont on ne connaît malheureusement que les magnifiques envolées de l’amant, contient cette fois-ci les réponses de Sophie Monnier, ainsi que toutes les lettres de doléances et les cris d’indignations de Mirabeau durant cette période noire de son existence. D’autres suivront. Mirabeau passera, en tout, sept ans dans les geôles et ne cessera de rédiger des traités et des textes emprunts d’un sentiment de révolte.

Les présentes lettres attestent d’un ferment romanesque sans cesse renouvelé. Mirabeau nous emmène dans son univers et nous éclaire sur son tempérament et sur ses engagements futurs, notamment ceux qu’il prendra une vingtaine d’années plus tard.

Manuelle Calmat