Sélections de prix, papiers ridicules ou assassins, échos divers… C’est la rentrée littéraire qui continue. Notules en vrac, comme elles nous viennent.

Une sélection qui se tient
Enfin ! Enfin une sélection de prix où on ne trouve pas dès le début, ordre alphabétique oblige, le nom d’Angot, Christine ! C’est tellement beau qu’on a du mal à y croire. Mais c’est le Prix Wepler, qui depuis plusieurs années fait l’effort de ne pas faire comme tout le monde, ce qui revient, souvent, à les faire bien. Sa liste a de l’allure, si on en juge, du moins, par ceux qu’on a lus. On y trouve Pierre Cendors, dont on parlait ici ; Sophie Divry, dont on n’a pas lu le nouveau (Quand le diable sortit de la salle de bain) mais qui nous avait épaté l’an dernier avec La Condition pavillonnaire ; Michael Ferrier et son beau Mémoires d’outre-mer (rien que le titre…) ; Mathieu Riboulet ; Pierre Senges, qui s’attaque à l’impossible (Moby Dick remixed, vu par les yeux d’Achab : Achab (séquelles)) ; le très curieux Farigoule Bastard de Benoît Vincent… Honneur aux petites maisons découvreuses, Fosse aux Ours, Tripode, Nouvel Attila. Notons que le jury est renouvelé chaque année.

Un article qui se tient
Enfin ! Enfin un journaliste qui ose constater que le roi est nu, et s’interroger sur l’absurde emballement médiatique autour du dernier Angot ! C’est Nicolas Ungemuth qui s’y colle, dans les pages débats du Figaro. Extrait, pour le plaisir : « Ce n’est pas un livre dur à lire comme peuvent l’être, au hasard, Normance de Louis-Ferdinand Céline, Finnegan’s Wake de James Joyce ou Exterminateur de William Burroughs: c’est un livre dur à lire tant il est mauvais. Certaines phrases, d’ailleurs, sont incompréhensibles: “Leur famille habitait Paris depuis des générations, dans le dix-septième arrondissement, près du parc Monceau, était issue de Normandie.” (repérée par Frédéric Beigbeder pour le Figaro Magazine)… Ou cet échange insane “Lui: J’aimerais beaucoup que tu viennes t’installer à Paris, et qu’on continue à se voir. Tu réfléchiras, Rachel ? – Elle: Moi aussi j’aimerais Pierre.” Aimerait-elle Pierre, ou aimerait-elle s’installer à Paris si une virgule l’y autorisait ? Mystère. Un peu plus loin, il y a aussi cette phrase exceptionnelle: “Il venait de perdre sa mère. Elle lui a écrit une gentille lettre.” »

Une marotte qui se tient
Claro, retour de vacances, entame un périple chez Proust, sur son blog. Si, si. Ici.

Conseil de lecture (pour de faux)
Les hommes politiques, comme chacun sait, sont immensément cultivés et passionnément lecteurs. Ils ne ratent rien de la rentrée littéraire, par exemple. Prenez Jérôme Guedj, sémillant conseiller départemental dans l’Essonne, pilier du PS. Lisant Le Parisien, il voit que nos confrères soutiennent Un homme dangereux, le roman d’Emilie Frèche (Stock). (Drôle d’idée, au passage). Ni une, ni deux, il tweete : « Bien sur je partage le coup de cœur @le_Parisien pr @EmilieFreche et son #HommeDangereux @EditionsStock ! #WhatElse ». Deux remarques : 1° il a tort, le roman n’est pas fameux ; 2° Emilie Frèche étant sa compagne à la ville, on peut au moins dire qu’il est un amant attentionné.

Conseil de lecture (pour de vrai)
Sur Emilie Frèche, tiens, mais sur d’autres aussi, lisez le compte-rendu décapant de Louis-Henri de La Rochefoucauld, dans les chroniques du nouveau numéro de La Revue littéraire (le 59e, chez Léo Scheer). On n’est pas obligé d’être d’accord avec tout ce qui s’y écrit, mais le ton général de ces pages revigorantes change agréablement du robinet d’eau tiède universel. Au sommaire, aussi, un long entretien avec Tristan Garcia, par Angie David, au sujet de son nouveau roman, 7.

Retour sur…
Sur Emilie Frèche, notule d’Eric Chevillard : « Un Homme dangereux, le livre en forme de règlement de comptes qu’Emilie Frèche consacre à sa liaison avec Patrick Besson, décrit comme un manipulateur pervers quoique impuissant, est malgré tout d’une tragique nullité. Un vrai fléau littéraire, ce Besson. Il ne lui suffit pas d’écrire des livres calamiteux, il faut encore qu’il en inspire d’aussi mauvais. »

Sinon, en librairie
Sinon, à propos de littérature, – le Serpent à plumes, ressuscité récemment, republie en « Motifs » Une tragédie américaine, l’énorme, énorme roman de Theodore Dreiser. – Les Belles Lettres reprennent en un tome à peu près tout ce qui a été traduit en français de Flann O’Brien, le génial écrivain irlandais, notamment ses romans Le Troisième policier et L’Archiviste de Dublin (avec une préface de Patrick Reumaux, à qui les amateurs de littérature britannique doivent beaucoup). – Et, pour choquer les belles âmes, « Bouquins » annonce, d’ici quelques semaines, un volume Rebatet (Les Décombres, dûment présenté et commenté). On reparle de tout ça, et de bien d’autres choses, au fil des jours.

 

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