James Greer n’est pas un inconnu pour les amateurs de rock indé : dans les années 1990, il a joué de la basse et chanté dans le groupe Guided by Voices, et il vient de lancer voici quelques mois un nouveau groupe nommé Détective, en hommage à Jean-Luc Godard (la deuxième moitié de Détective étant Guylaine Vivarat, sa traductrice). Mais depuis 2006, Greer est également romancier.

 

Après Artificial Light, il revient avec cet étonnant polar parodique qu’ont salué Dennis Cooper et Steven Soderbergh, lequel l’a d’ailleurs embauché pour travailler avec lui sur son prochain film, avec Catherine Zeta-Jones… L’intrigue est simplissime : le héros, Ed Memoir (en v.o., il s’appelait… Guy Forget, de guy, type, et forget, oublier. On comprend que la traductrice ait préféré une analogie), est un beau gosse de Californie qui voudrait devenir riche sans effort. Son idée géniale consiste à commercialiser un logiciel de pub subliminale sur internet, mais il peine à convaincre les investisseurs de lui confier les 50 000 dollars nécessaires. Alors, avec son pote Billy, un pilier de bar apathique qui gagne sa vie en promenant des chiens, il imagine de braquer un comptoir de change coréen, grâce à un complice infiltré à l’intérieur…

 

Postmoderne en diable, le roman est découpé de façon très cinématographique en brèves séquences dotées d’un titre à rallonge et organisées en flashbacks : quinze jours avant le braquage, deux jours après, six mois avant, etc. En découle un texte ludique, expérimental et bourré d’ironie, contemplation cynique et fataliste de l’échec programmé d’une bande de loosers embringués dans un plan foireux. Plutôt drôle, malgré un ton humoristique qui à la longue finit par lasser.

 

Traduit de l’anglais par Guylaine Vivarat

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