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Georges Bernanos fut sa vie durant un homme en colère. De 1944 à 1948, après son exil brésilien, s’opposant farouchement à la guerre franco-française qui se déroulait sous ses yeux à la Libération (l’épuration le révulsa) comme au « monde gagné par la technique » et perdu pour la liberté, il donna à divers organes de presse ces textes réunis sous le titre Français, si vous saviez. N’étant pas l’homme d’un parti, mais un homme d’honneur, il refusa, comme il refusa les honneurs qu’on lui promettait, de cautionner la politique mise en place à l’époque. Pourtant, il avait été séduit par l’appel de De Gaulle, après avoir été dégoûté par l’Armistice.
Passant au crible de sa rage, les détenteurs (c’est usurpateurs qu’il faut lire) du pouvoir, il s’efforça de dénoncer la trahison des élites et l’hypocrisie qui régnait alors. Cinquante après, ces textes sont encore bouleversants par la sincérité qui les anime. Ce sont ceux d’un homme seul livrant ses ultimes combats. « Nous ne souffrons pas en vain. Nous sommes seuls à souffrir parce que nous sommes seuls à risquer. Nous risquons pour tous les lâches qui ne risquent rien. Que Dieu ait pitié de nous. » Ces témoignages en font foi.