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4
sur 5

Grâce à la Série Noire on découvre que Bernhard Schlink, écrivain plébiscité par son succès en librairie avec Le Liseur, a commis il y a dix ans un excellent roman noir -co-écrit avec un certain Walter Popp.

Mannheim et ses forêts de cheminées, ses brumes toxiques, son « romantisme industriel » est le décor d’un drame qui trouve ses racines dans les années sombres de l’Allemagne. Alors qu’il enquête pour le compte d’une gigantesque entreprise chimique sur un hacker qui pirate son réseau informatique, Selb, juriste sous le IIIèReich devenu par la suite détective privé, se trouve confronté à son passé. Schlink, à la foi juriste et romancier, pose déjà ici le problème de la culpabilité et de la responsabilité, repris ultérieurement dans Le Liseur. En outre il interroge le culte du progrès technique, dévoile le monde inhumain que celui-ci porte en lui, un monde dans lequel industriels et nazis unis dans un même délire de puissance, recourent à la manipulation et au meurtre.

Fabrice Deleplanque