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3
sur 5

On ne connaît personne qui se soit dit, en dirigeant les petits singes « sphérisés » du premier Super monkey ball : « il ne leur manque que la parole ». Leurs petits piaillements hystériques contribuaient déjà largement à l’atmosphère débilo-kawai du titre, inutile de forcer la dose à priori . Pourtant, chez Sega, quelques têtes pensantes dégénérées ont pensé qu’ils pouvaient aller encore plus loin dans la crétinerie la plus réjouissante. Dorénavant, donc, nos primates « super-deformed » profèrent d’improbables « moukiki » dans les inénarrables cinématiques qui ponctuent l’une des rares nouveautés de ce deuxième épisode : un mode story, qui n’est rien de plus qu’un pendant scénarisé du mode challenge. A écouter, c’est déjà particulièrement jouissif, mais les sous-titres sont encore plus désarmants : le cri de guerre des singes, « La magie, c’est très-très pouh » restera sans doute dans les annales du jeu vidéo comme un grand moment de débilité de haute volée.

En dehors des babillages régressifs de nos amis macaques, Super monkey ball 2 se contente d’upgrader pépère un concept solide sur ses bases, de lifter les quelques mini-jeux déjà présents sur l’opus précédent (billard, bowling, golf, etc.) et d’en pondre de nouveaux (tennis, foot, tir…). On est très loin du sequel repensé en profondeur, d’autant qu’à première vue, on reste fixé sur la même ligne ludique que le premier épisode, juste un peu plus beau, juste un peu plus con : à savoir diriger un singe enfermé dans une boules translucide à travers des niveaux particulièrement tordus. Une sorte de Marble madness 3D furieusement fun mais aussi, parfois, prodigieusement traumatisant pour les nerfs. Parce qu’il faut bien l’admettre, Super monkey ball 2 peut très rapidement dépasser les limites humaines de la patience… Contrairement au premier opus, qui n’exigeait principalement du joueur qu’une grosse dose d’adresse, le deuxième laisse une plus grande part à la chance et au hasard. On se surprend donc quelquefois à balancer sa sphère au petit bonheur la chance dans un niveau, en espérant très fort qu’elle atteigne la ligne d’arrivée sous l’influence d’un quelconque miracle divin. C’est un peu regrettable, d’autant que le jeu n’avait pas vraiment besoin de ça pour être sévèrement corsé. Mais c’est bien l’unique reproche que l’on puisse adresser à cette suite, qui se la joue peut-être un peu trop petit-épargnant, mais qui s’impose définitivement comme un des jeux solo les plus fun et les plus accessibles. Et comme l’un des meilleurs jeu multiplayers du Cube.