PARTAGER
3
sur 5

La Xbox est une console paradoxale. Une plate-forme qui semble vouloir fédérer PCistes attirés par l’alternative consoleuse et orphelins de la Dreamcast. Avec Jet set radio future (JSRF), Project Gotham racing (PGR) est sans doute un des jeux les plus emblématiques de cette « deuxième chance » de la 128bits de Sega. Ni vraiment une suite, ni vraiment un remake, un entre-deux qui devrait à la fois frustrer et réjouir tout fanboy de Sega qui n’assume qu’avec difficulté la lente agonie de la défunte Dreamcast.

Si on met de côté l’inévitable et vaine comparaison avec le fer de lance des jeux de course made in Sony, Gran turismo 3, PGR ne propose finalement pas grand-chose de neuf par rapport à Metropolis street racer (MSR), son prédécesseur sur DC. Une ville de plus, New York, vient s’ajouter au trio Londres / San Francisco / Tokyo. Ce qui n’empêche pas l’impression de déjà-vu qui surnage dès les premières minutes de jeu. PGR est à peine plus beau que MSR, un peu moins d’aliasing, quelques effets de reflets ou de poussière volumétrique, rien de véritablement bluffant. Quelques ralentissements et des décors peu détaillés viennent ternir le tableau. On s’attendait à mieux que ce simili-portage à peine optimisé. Mais il faudra faire avec parce que le gameplay, lui, est toujours aussi exquis.

Dans la lignée de JSRF et de sa ligne « Dreamcast pour casual-gamer », l’équipe de Bizarre Creations s’est efforcée de rendre PGR plus accessible avec un système de kudos beaucoup moins drastique. Ces points qui récompensent à la fois les performances pures et le style de conduite -dérapages, sauts et autres acrobaties- sont désormais comptabilisés en temps réel. Finies les mauvaises surprises de fin de challenge, plus de kudos négatifs, PGR offre une progression plus équilibrée et plus agréable des sessions de défis -one on one, courses de rue, contre la montre, défis de style, etc. Il y a, de plus, la possibilité d’accumuler des kudos dans les autres modes de jeu -quick race par exemple- avec, à la clef, des voitures bonus à débloquer. La durée de vie du mode carrière reste d’un très haut niveau, puisqu’il y a toujours l’éventualité de refaire d’anciens défis avec des voitures plus puissantes et d’engranger ainsi encore plus de kudos. Bref, des améliorations mineures, un lifting peut-être un peu trop léger pour ceux qui ont déjà goûté aux joies d’un MSR. Pour les nouveaux venus, c’est tout bénef’, d’autant que le pilotage semi-arcade, semi-réaliste offre de bonnes sensations de conduite, bien meilleures que dans Rallisport challenge sur la même machine.

Malheureusement, ce qui faisait défaut au premier opus, la notion d’urbanité inhérente au titre, n’a toujours pas été pris en compte. Les villes sont toujours désertes, déshumanisées. La prise en compte des fuseaux horaires est aussi passée à l’as : on n’est plus forcé de jouer à 3h du mat’ ou de modifier l’horloge interne de la Xbox pour admirer Tokyo en pleine journée, mais on y perd sensiblement en originalité. Ce sont certes des détails, mais au vu des possibilités de la Xbox, on s’attendait à quelque chose d’un peu plus vivant. PGR n’est qu’un jeu de course, bien foutu, mieux pensé encore que MSR au niveau du game-design, une manière comme une autre d’apprécier rétrospectivement la ludothèque de la Dreamcast. Mais il lui manque toujours ce petit supplément d’âme et de réelles innovations pour se poser en incontournable de la Xbox.