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2
sur 5

On aime bien PaRappa the rapper. Son gameplay minimal-addictif signé Masaya Matsuura, son design cucul avant-gardiste créé par Rodney Alan Green Blat. Son scénario débilissime -PaRappa doit stopper les malfaiteurs qui transforment toute la nourriture de PaRappaVille en « noodles »-, ses personnages « kawai » plus plats qu’une feuille de papier buvard et ses couleurs criardes niveau maternelle. On apprécie aussi les « musicals » en général, pour ce qu’ils ont d’immédiatement attractif et séduisant. Pourtant, c’est souvent très basique : il suffit d’appuyer sur le bon bouton, en rythme et au bon moment.

Avouons donc, sans fausse honte, qu’on a relativement pris notre pied en jouant à PaRappa 2, pendant au moins… une heure. Jusqu’à ce qu’on voie arriver le générique de fin. Parce qu’il faut vraiment n’avoir jamais touché une Dual Shock de sa vie pour ne pas finir PaRappa 2 d’une seule traite. Rappelons tout de même le principe pour ceux qui auraient loupé le premier épisode sur PS1 : PaRappa est un petit chien rapper, qui se mesure à plusieurs Mcs, Djs et « sensei » à tête d’oignon. Sur fond de rap old school gnan-gnan, il va devoir répéter les mêmes phrases sur le même rythme que ses adversaires qui sont retranscrites à travers des combos de touches de la manette (carré, rond, triangle, croix, L et R). Un gameplay-karakoé typique du genre, entraînant, fun, mais étrangement facile… Surtout si on le compare à d’autres « musicals » nettement plus retors : Space Channel 5 ou Samba de amigo par exemple. Alors, évidemment, une fois le jeu terminé, il y a 3 niveaux de difficulté supplémentaires et un mode « versus » contre un joueur ou l’ordinateur. Soyons francs : en une après-midi, on peut tout boucler, surtout si on passe les longues cinématiques qui viennent rallonger la sauce, très marrantes à condition de ne pas en abuser. Reste alors le mode « freestyle », et là, tout s’éclaire : on finit par comprendre pourquoi PaRappa 2 est si frustrant.

En plus de coller stricto sensu au flow de votre adversaire, il est permis d' »improviser » dans des zones très précises de la bande déroulante. Soit, au lieu de répéter bêtement « cook those burgers », on peut tenter de frimer en bégayant « cook those, cook those burgers ». En améliorant les lignes de vos adversaires, et si vous vous y prenez correctement, vous accédez du statut « good » à « cool ». Dès lors, vous vous retrouvez seul à la barre et pouvez aligner les combos comme bon vous semble à condition de sortir quelque chose de plus ou moins intelligible et rythmé. Et c’est là que le bât blesse : la propension qu’a l’ordinateur à juger vos improvisations peut paraître parfois terriblement arbitraire. C’est bien simple, on n’a toujours pas compris ce qui est « cool » et ce qui ne l’est pas. A moins d’être le gamer le plus persévérant du monde, on finit par baisser les bras. C’est d’autant plus dommageable que cet aspect « freestyle » déteint sur la difficulté du jeu. L’ordinateur, qui doit juger à la fois votre respect du flow initial et votre aptitude à improviser dessus, finit par afficher une tolérance qui rend le jeu beaucoup moins difficile que prévu. Pas étonnant dès lors qu’on parvienne à boucler les niveaux à vitesse supersonique : on peut toujours rattraper ses erreurs en faisant un peu n’importe quoi. Avec un gameplay plus rigide, PaRappa 2 aurait sans doute pu proposer un challenge plus marqué sans perdre de son fun primal. Dommage, parce qu’avec son univers psychédélique, ses chansons idiotes et son bi-culturalisme USA/Japon parfaitement intégré, PaRappa 2 avait vraiment tout pour plaire. On souhaite donc vivement que Matsuura saura corriger le tir pour le prochain épisode… « I gotta believe », comme dirait l’autre.