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4
sur 5

Une musique tonitruante et endiablée assortie de sa horde de bikers enragés sautant tout azimut, plante direct le décor. Du fun, du fun et encore du fun ! Dans la continuité du premier opus, Motocross madness 2 cherche à offrir au hardcore gamer toujours plus exigeant de l’entertainment pur et dur. Aucune originalité dans ce genre convenu, mais des modifications notables. Deux modes supplémentaires (enduro et circuit pro) viennent compléter les déjà très fournis free style : Baja, Supercross et championnat. Il est maintenant possible de choisir entre plusieurs modèles de bécanes (entre 125 et 250). Les quelques réglages du moteur poussent le joueur à se diriger rapidement vers la ligne de départ. Après tout, pourquoi tenter d’ajuster pendant des heures des paramètres obscurs et confus. Le fun avant tout !

Le temps d’enfiler une paire de gants et de choisir la combinaison jean ou flanelle, le starter a déjà retenti. La découverte des cartes provoque un premier spasme jubilatoire. Des espaces quasi infinis, parsemés de centaines de bosses, des végétations luxuriantes, richement détaillées, donnent une telle sensation de liberté de mouvement que le rêve américain se profile à l’horizon. Une réelle réussite tant sur le plan purement technique que graphique offre au joueur une nouvelle expérience de conduite. Devant un tel monde, le démarrage rageur de la machine, agrémenté d’un cri salvateur « Born to be wild ! » est quasi instinctif. La disposition au sein des cartes d’éléments interactifs renvoient les circuits fades et faciles des opus 1 et 2 de Moto racer aux temps de la préhistoire. Une envie urgente de roue avant sur un temple pseudo aztèque ? Un dérapage sur la rampe d’accès à une grange ? Tout est possible, quasiment. Une telle richesse encourage presque à suivre la remarque liminaire : « Profitez du grand air mais respectez la nature. » Pourquoi finalement ne pas projeter une petite balade sympa, près des carrières de sable où s’activent de gros engins de chantiers ? Easy rider, man. Easy rider…

La gestion de l’animation et du rendu de vitesse est elle aussi proche de la perfection (sur une machine toutefois assez puissante pour suivre la boulimie de ressources matérielles du jeu). Même une 125 pétaradante procure une sensation jubilatoire. La mise en bouche achevée, il est temps maintenant de passer au plus fendart : les figures, les dérapages et autres amuse-gueules. La première bosse se révèle plus qu’instructive. Première leçon : les chutes se trouvent elles aussi magnifiquement gérées. L’envol du biker, la décomposition fluide de son mouvement indiquent clairement que les concepteurs connaissent les talents de Muybridge et maîtrisent parfaitement la cinétique des corps. Trop trop fun ! Deuxième leçon, à moins de tomber par une chance extraordinaire au détour d’un cactus sur une ceinture anti-gravité : il est rapidement nécessaire d’apprendre les notions de base de la cinétique.

Quelques chutes plus tard, le détour via le garage et le réglage des divers paramètres proposés s’avèrent féconds et semblent offrir dans la mesure du possible une plus grande adhérence du bolide. La première tentative de sortie s’avère tout aussi désastreuse. Après moult essais, le crâne fracassé, les os brisés, un dernier éclair de conscience vous laisse envisager que, peut-être, un jour, dans une mouture prochaine de Motocross madness, le concours de la plus belle chute sera considéré comme une discipline à part entière. Et là, peut-être, vous pourrez vous élever à la plus haute place du podium.

En dehors d’une maniabilité qui nécessite un temps d’entraînement assez long, Motocross madness 2 reste certainement le jeu de moto par excellence sur PC. La richesse des cartes, la fluidité et le rendu de l’animation procurent un plaisir intense, que prolonge un mode réseau plus que prometteur.