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4
sur 5

« GA BU ZO MEU » Tout est dit ! Les Shadoks sont de retour. Depuis la dernière apparition cathodique (1968-1975) de ces oiseaux bizarroïdes, on avait bien failli définitivement oublier leur existence. Mais Jacques Rouxel, le créateur, s’est réveillé et aujourd’hui, il nous refourgue ses bestioles dans nos micros ! L’histoire, c’est toujours la même. Les Shadoks, peuple totalement stupide au demeurant, vivent sur une planète « qui marche pas bien » : lorsqu’un Shadok du bas (qui a donc fort logiquement les pieds en haut) ne touche plus terre -pour se coucher par exemple- le poids du Shadok du dessus (qui a les pieds en bas, par conséquent) fait s’affaisser un pan entier de la planète. D’où ce monde complètement instable, en perpétuel mouvement. Bah oui, mais les Shadoks en ont ras la pompe, il leur faut absolument dénicher la terre promise. En commençant par construire une fusée ! Sous les conseils absurdes mais avisés des deux plus grands scientifico-nullards que sont le devin-plombier et le professeur Shadoko, ils y parviennent. Parfait, mais sans carburant…
Heureusement, non loin de là (en haut ou en bas dans la galaxie, peu importe !), se trouve une autre planète, toute plate, qui penche tantôt à gauche, tantôt à droite. Elle est peuplée de créatures vêtues d’un chapeau en guise de cerveau : les Gibis. Si les Shadoks passent leur temps à concevoir l’inutile, les Gibis, eux, consacrent leur existence à la résolution des théorèmes mathématiques les plus alambiquées. Et ça fait d’ailleurs belle lurette qu’ils naviguent pépères dans tous les recoins de la galaxie avec leur fusée qui carbure au Cosmogol 999. Incapables d’en faire autant, nos Shadoks vont tenter de récupérer la substance miracle. Comment ? En pompant ! Unique activité shadokienne, le pompage est LA solution salvatrice. D’un point de vue shadokien, cela s’entend. Pomper, pomper, encore pomper donc. En l’occurrence, du Cosmogol pour explorer le cosmos. C’est ici que commence la mission du joueur qui, au fils de l’histoire contée par un Claude Piéplu toujours aussi efficace dans ces narrations décalées, doit épauler ces mous du crâne qui font face à des situations toujours plus farfelues : une passoire laisse passer des nouilles mais pas l’eau, un bateau (la Shadokkaravelle) n’avance que si l’eau de derrière est ramenée devant… Suffit alors de s’en tenir aux deux principes shadokiens qui veulent que « plus ça rate, plus on a de chances que ça marche » et que « ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir. » Et que la force pompique soit avec vous.
Si avec ça les Shadoks ne vous pompent toujours pas l’air, allez faire un tour sur le site Web. En 1999, grande année, ils seront à nouveau sur vos téléviseurs ; Jacques Rouxel planche actuellement sur une toute nouvelle série : Les Shadoks et le Big Blank. En attendant, goûtez donc cette tranche d’absurdité numérique. C’est un pur régal.