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3
sur 5

Changement de direction dans le petit monde du « je bastonne tout ce qui bouge et je suis le maître du monde ». Après la quête mystique de Soul calibur et les bimbos aguicheuses à forte poitrine de Dead or alive 2, Kengo master of Bushido fait dans l’épure, la vraie, celle où sabres et bâtons esquissent quelques pas de danse dans un dojo du Japon médiéval, un soir d’automne.

Entre méditation zen et relaxation transcendantale, Kengo n’hésite pas une seconde à pousser jusque dans ses derniers retranchements les principes directeurs de l’éthique samouraï, quitte à brusquer au passage le fan de baston basique. Ici, pas question d’exploser des tonnes d’ennemis à grand renfort de hurlements gutturaux, sur fond de rythmes hardeux. L’espace de combat est réduit à sa plus simple expression, soit un terrain rectangulaire aux tons neutres, entouré de quelques paravents filtrant la lumière du jour. Côté bande-son, on frise le bruit blanc tant la diffusion parcimonieuse de chants d’oiseaux et la rencontre étouffée des armes font figure d’explosions sonores dans cette nappe de silence qui entoure les deux adversaires.

Même constat au niveau des combats dont le déroulement suit à la lettre les préceptes de la discipline et le code du samouraï : dans l’enceinte sacrée, les deux adversaires s’affrontent en tenue traditionnelle, sabre à la main et cherchent tant bien que mal à déstabiliser leur rival, s’efforçant de lancer une attaque au moment opportun. Si la prise en main reprend grosso modo les standards du genre (une touche pour attaquer, une autre pour parer, une troisième pour contre-attaquer, sans oublier celle destinée à lancer les coups spéciaux), le rituel de la discipline risque d’en dérouter plus d’un. Le bushido nécessite une concentration et un mental exemplaires, symbolisés par votre Ki. Celui-ci détermine votre force d’attaque et de défense : inutile de se ruer sur votre adversaire dès les premières secondes du jeu, la confrontation commence toujours par une longue phase d’observation où les deux rivaux se jaugent silencieusement, essayant autant que possible d’estimer leurs aptitudes respectives. Une fois ces préliminaires achevés, la phase de baston prend le relais, l’issue du combat étant déterminée à la fois par la perfection de votre geste technique et le timing des attaques assenées. Bref, il n’est pas rare que le joueur passe plusieurs minutes à tourner autour de son adversaire à l’affût d’une faille de protection pour achever le combat sous un déluge de coups impossibles à parer. Si l’immersion dans cet univers se révèle particulièrement difficile, Kengo n’en reste pas moins un titre passionnant où la progression du personnage, l’accès à différents dojos et autres épreuves réjouissantes (rester le plus longtemps possible sous une cascade d’eau glacée par exemple) sont autant d’invitations à la découverte d’un code de combat considéré comme un art de vie.