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3
sur 5

Plutôt curieux de la part de Konami de miser sur une plate-forme techniquement dépassée pour sortir ISS pro evolution 2. D’autant plus étrange que leur concurrent direct, la série des FIFA, a depuis longtemps émigré vers les cieux plus cléments de la nouvelle console de Sony. Malgré tout, en dehors de pixels mal dégrossis et de mouvements à la limite du fluide, cette suite n’en reste pas moins une simulation sportive digne de ce nom, apportant son lot de corrections et promettant de belles heures de jeu aux passionnés du ballon rond.

Conscient du handicap PlayStation, première du nom, ISS 2 opte pour un style de jeu résolument axé simulation. Habitués des scores faramineux et complètement invraisemblables, passez votre chemin. Ici, il ne sera pas possible de faire gagner votre équipe bonne dernière du championnat et d’écraser votre adversaire tenant du titre. Bien au contraire, le déroulement des parties démarre sur une tension des plus violentes qui risque d’opérer une sélection naturelle des plus drastiques. Petit conseil avant d’entrer chez les dieux du stade : n’oubliez pas de vous entraîner jusqu’à la complète maîtrise des différents mouvements et des diverses phases du jeu, ISS 2 se démarquant par un temps moyen de possession de balle bien en dessous de la moyenne. A défaut d’innovation majeure (on retrouve les modes de jeu habituels, les joueurs de la fédération ou encore la majorité des stades de la planète), ISS 2 pousse le réalisme dans ses derniers retranchements. Le système des blessures apparaît enfin, échelonnant sur plusieurs niveaux de gravité la portée de l’attaque adverse, de la simple égratignure, à la boucherie sanguinolente (synonyme d’évacuation sur brancard) en passant par une baston généralisée entre joueurs surchauffés. Même constat du côté des arbitres qui de simples figurants sont devenus de véritables foudres de guerre, injonctions brutales et cartons rouges à l’appui. Bref, dès les premières minutes, le joueur est submergé sous des giclées d’adrénaline, essayant tant bien que mal de refaire surface et d’éviter le naufrage sous l’œil inquisiteur d’un arbitre hautain et méprisant. Un démarrage si saignant qu’il en devient carrément difficile de garder plus de cinq secondes le ballon dans les pieds tant l’I.A. a été revue à la hausse. Et si les nombreux paramètres du menu permettent de configurer à souhait la difficulté de l’ensemble, les modes de jeux lancés à pleine puissance restent les plus jouissifs. Avis aux amateurs.

Une fois ces quelques étapes pleinement assimilées à coups de crampons, le jeu peut enfin développer ses réelles potentialités. Un gain évident en maturité, une évolution vers une simulation de haute volée font d’ISS 2 un grand moment de football, très proche des conditions réelles de jeu. Seuls quelques défauts bien dommageables viennent entacher cette perfection quasi absolue. Outre les problèmes évidents de fluidité, des temps de réponse parfois un peu longs empêchent les joueurs d’effectuer des actions pourtant décisives pour l’issue du match. De quoi pester jusqu’à plus soif lorsque votre tactique élaborée tout au long des 90 minutes s’effondre comme un vulgaire château de cartes.