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4
sur 5

Difficile dorénavant de s’immerger sans crainte dans un nouveau RTS. Comprenez : avant de crier victoire, on l’a vécu maintes fois, il faut en passer par une longue phase de construction/organisation de laquelle dépend complètement l’issue de la bataille. Certes, de par les contextes et les technologies, les ténors en la matière –Command & conquer, Total annihilation, Starcraft et consorts- sont plus ou moins bien parvenus à se distinguer les uns des autres. Il n’empêche que la pratique consiste peu ou prou à réitérer constamment les mêmes actions, à privilégier les mêmes tactiques défensives. Bref, c’est bien sympa de mettre en branle son petit campement idéal avant les hostilités mais on connaît la rengaine. Forcément ça lasse.

Chez Massive Entertainment, on a justement décidé de faire l’impasse sur ces lourds préliminaires et de plonger illico presto le joueur dans le feu de l’action. Ce qui ne signifie absolument pas qu’il faille comparer Ground control à un simple « bot shooting », du style Battlezone II. Rien à voir. Au diable les interfaces pompeuses donc, pas de ressources à collecter, ni de bâtiments à construire. Dommage ? Pas si sûr… D’une part, ça renouvelle un peu le genre clairement figé depuis que Blizzard et Cavedog se cherchent des noises à coups d’add-on faciles et de suites vaines ou poussives. Par ailleurs, et c’est sans aucun doute la force de ce Ground control, le jeu se concentre sur l’essentiel, soit les missions et par extension, les combats. Car que les âmes belliqueuses se rassurent, si le RTS prend ici un peu de fraîcheur, c’est toujours de guerre frontale et dévastatrice qu’il s’agit. En l’occurrence celle qui oppose la Crayven Corporation, groupe militaro-industriel, première valeur boursière terrienne qui compte 900 millions d’employés, et l’Ordre de la Nouvelle Aube qui rallie à sa cause 700 millions de fanatiques religieux et dont la puissance financière surpasse de loin les plus grandes multinationales. Peu importe le camp choisi, vous incarnez de toute façon le commandant d’une force d’intervention opérant à partir d’un croiseur spatial en orbite autour de la planète Krig-7B. Car si les traités de non-prolifération nucléaire ont interdit les conflits armés sur la surface de la Terre, rien n’empêche les hommes de se foutre sur la tronche ailleurs dans la galaxie. D’autant que la planète en question regorge d’exceptionnels vestiges extraterrestres que l’Ordre n’a pas tardé à découvrir. Ce qui intrigue naturellement la Crayven, bien décidée à s’accaparer le trésor…

Concrètement, le jeu se divise en une série d’objectifs précis et concis. Après avoir assimilé l’interface de jeu, le contrôle de la caméra et des unités lors d’un très efficace tutorial, les grandes manœuvres sont entamées : défense d’une zone particulière, destruction d’installations ou de convois ennemis, escorte et protection d’ingénieurs en cours de mission, etc. Si vous ralliez la Crayven Corporation, une barge lancée depuis le cuirassé en orbite dépose vos troupes sur le champ de bataille. VAB de commandement, sections d’infanterie, forces spéciales et unités d’assaut (Terradynes, Hoverdynes, Aérodynes) composent l’essentiel. Dans le coin inférieur gauche de l’écran, une carte tactique vous signale étape par étape les endroits où se rendre pour remplir votre mission. Sachant qu’il vaut mieux emprunter les chemins escarpés et les zones d’ombre pour arriver discrètement à destination plutôt que d’opter pour les voies rapides, forcément découvertes et surveillées.

On l’a dit : Ground control a cette particularité de vous mettre de suite dans le bain, en phase offensive ou défensive. De fait, les concepteurs ont pris soin de peaufiner le moteur 3D : une réussite incontestable, tant au niveau graphique (effets visuels incroyables) qu’en matière de jouabilité (contrôle et prise en main complètement intuitifs). Du coup, totalement à l’aise dans le feu de l’action, le joueur s’en donne à cœur joie pour dénicher les bonnes tactiques. L’occasion de constater qu’aucune mission ne se ressemble et que l’I.A. des adversaires est, ma foi, assez convaincante. Quoi qu’il en soit, les plus difficiles pourront toujours se mesurer entre homme sur Internet en mode multiplayer (chez Won.net, Sierra oblige).