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4
sur 5

Conflict freespace : The Great war fut l’an passé une étonnante surprise. Dans son genre, jamais un tel niveau d’excellence n’avait été atteint ni dans les graphismes, ni dans le gameplay. Indubitablement, ce jeu méritait bien une suite. Souvenez-vous que les Vasudans et Terriens, autrefois en guerre, avaient du s’allier pour faire face à un nouvel ennemi particulièrement agressif sorti de nulle part, les Shivans. Difficile d’en venir à bout, mais le superdestroyer Lucifer ne résiste pas aux attaques de la nouvelle alliance. La Grande Guerre prend fin lorsque l’énorme engin se désintègre dans une explosion sans commune mesure. Nous voici en 2367, soit 32 ans après la bataille qui ne s’est finalement pas achevée sans désagrément puisque le point de saut hyperspatial reliant les escouades terriennes à la Terre s’est volatilisé durant l’explosion du Lucifer. Depuis, Terriens et Vasudans, plus unis que jamais, ont mis sur pied une nouvelle civilisation en attendant de pouvoir un jour rentrer au bercail… L’attente ne sera pas de tout repos : l’Alliance galactique Terriens-Vasudans doit régler deux problèmes majeurs. Un, une faction de Terriens (le Front des néo-terriens) s’est rebellée contre l’autorité en lui déclarant ouvertement la guerre. Deux, les Shivans, rancuniers, sont de retour… Assurément, le joueur ne va pas s’ennuyer.

Soyons clairs : Freespace 2 n’apporte aucune évolution majeure par rapport à son prédécesseur et dans le fond, c’est assez regrettable. Ceci dit, tous les aspects du jeu ont été améliorés. Ce qui frappe en premier lieu, c’est naturellement l’aspect visuel, déjà remarquable dans CF. Dorénavant, c’est tout simplement extraordinaire ! Autant le premier épisode nous opposait à des vaisseaux classiques, autant là, il n’est pas rare de tomber nez à nez avec d’hallucinants poids lourds de l’espace, vaisseaux amiraux, croiseurs, destroyeurs et tout le toutim. Toujours aussi agréable à contempler, sous tous les angles. Du travail d’artiste. Méfiance toutefois, car la force de frappe -la vôtre, comme celle de l’ennemi- a elle aussi été quelque peu redéfinie, disons que c’est nettement plus brutal et laconique dans les ébats : le faisceau beam, par exemple, déchire purement et simplement n’importe quel type de vaisseaux. Certes le spectacle est incroyable (on n’a pas fini de reparler du rendu des explosions de Freespace 2, croyez-moi !), c’est un peu moins rigolo lorsque vous êtes la victime.

La nouveauté la plus évidente réside sans aucun doute dans ces nébuleuses. Non seulement les effets sont à tomber par terre tellement c’est beau et chatoyant, mais en matière de jouabilité, ce qui pouvait n’être qu’un détail graphique de plus apporte finalement un plus stratégique indéniable pendant les phases de combats : dans une nébuleuse, les éclairs cosmiques et autres champs électromagnétiques endommagent sérieusement la coque d’un vaisseau et brouillent ses systèmes de détection. Faites en sorte d’y amener les adversaires. Par ailleurs, les nébuleuses se révèlent être parfois de surprenantes cachettes. Utile pour approcher l’ennemi en toute discrétion et faire irruption au moment opportun.
La gamme de vaisseaux pilotables s’est élargie, et vous entamez d’ailleurs la campagne, au sein de l’escadron Hammerhead (celui-là même qui a fait sa fête au Lucifer, voyez), avec un tout nouvel engin, le Myrmidon. Une mouche au vue de ce qui vous attend. Au fil des victoires -et des tutorials réussis : dès lors que l’on vous octroie la possibilité de piloter un nouveau vaisseau, il vous faudra au préalable passer une série de tests d’entraînement pour vous familiariser avec l’engin-, vous contrôlez des machines plus puissantes et utilisez de nouvelles armes.

L’interface de jeu est toujours aussi redoutable d’efficacité, même s’il faut compter un certain temps avant de pouvoir profiter naturellement de toutes les subtilités de contrôle et les combinaisons de touches. L’utilisation des contre-mesures, du blocage-cible, l’équilibrage des énergies en puissance de feu, en vitesse de vol et en bouclier sont autant de manips utilisées instinctivement au bout de quelques missions. Quant aux options de communication, c’est tout simplement remarquable. En plus de vous affairer aux combats, vous allez devoir manager des escouades entières de vaisseaux alliés en braillant vos ordres dans le micro. Surprise : dorénavant, dès qu’un intervenant prend la parole, sa bouille apparaît dans le coin de l’écran en haut à gauche. Parfois ça défile à vive allure lorsque les co-équipiers se chamaillent et que le dialogue s’emballe. Marrant.
Pour finir, on vous recommande vivement le mode multiplayer, notamment le mode « duels à mort », irrésistible. Freespace 2 en réseau, ce sera peut-être coûteux, mais c’est l’éclate assurée.

En fin de compte, le jeu de Volition relève plus de l’arcade que son concurrent direct X-Wing alliance, plus complexe. De fait, les amateurs de stratégie privilégieront plutôt ce dernier. Néanmoins, cette suite constitue sans aucun doute une valeur sûre dans son genre. Prêts pour une trentaine de missions captivantes ? Franchement, vous auriez tort de refuser.