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3
sur 5

Pratique journalistique courante : le marronnier. Tous les ans, à la même période, les mêmes sujets ! Ici, les mêmes jeux. Car dans le secteur, plus qu’ailleurs, ça se passe généralement juste avant les fêtes évidemment. Période où l’on voit débouler sur le marché la suite d’une saga phare et grand public (Tomb raider IV par exemple) ou la nouvelle version d’un must vidéo-ludique imparable, comme FIFA justement. La série compte donc un opus de plus et, normalement, son flot de nouveautés.
A l’évidence, la première d’entre elles est graphique. Gros travail notamment sur les faciès des joueurs plus ou moins fidèles à la réalité. C’est pas toujours réussi, mais l’intention est là. Et puis ça nous change des jeux de clones de rigueur dans le genre sport collectif sur micro. Bel effort de réalisation également dans le jeu des ombres : 4 projos pour les matchs de nuit, 4 effets d’ombre réalistes par garçon sur le terrain. Plus spectaculaire encore est l’animation des joueurs. EA Sports maîtrise parfaitement la motion capture, ce qui nous donne droit à des actions dignes des plus belles retransmissions TV sur Canal + numérique. A tel point que les ralentis, qu’on peut pourtant zapper à tout moment, constituent quasiment les meilleurs moments d’une partie. Quel panard que d’observer ses exploits, ou ceux de l’adversaires, sous tous les angles ! Les angles justement. Un autre point fort de FIFA 2000 puisqu’en plus des angles de vue prédéfinis (TV, virage, toit, aérienne) le joueur peut paramètrer le sien en jouant sur les zooms et la hauteur caméra.

Quoi de neuf sinon ? Plus d’équipes : 450 au totale, la grande majorité issue de 14 championnats, plus 40 équipes nationales et, cerise sur le gâteau de cette version 2000, 42 formations de légende qui ont marqué le siècle (les équipes de France 84, 58, Manchester United 68, St-Etienne 76, l’Ajax d’Amsterdam de 70 à 73, le Brésil 58 de Pelé, etc.). Les footeux pur jus apprécieront. D’autant que tous les mélanges sont permis, l’équipe de France 99 peut tout à fait s’opposer au Real de Madrid des 50’s… l’écran prend alors une teinte tantôt grisée, tantôt jaunâtre, mais dans la pratique rien ne change.
Autre nouveauté, il est dorénavant possible de participer à une saison entière, championnat et coupes dans le même temps. Intéressant car on a le temps de voir évoluer son équipe et de s’identifier à elle. De quoi éveiller le sélectionneur qui est en vous, pas vrai ? Voire carrément le patron de club puisque FIFA 2000 intègre maintenant les transferts ; il va donc falloir « boursicoter » si je puis dire. Pas de fausse joie tout de même, tout ça reste très basique. Car le jeu d’EA Sports est avant tout un jeu d’arcade, de l’action à l’état brut. En ce sens, il excelle toujours : la maniabilité des joueurs est redoutable et l’on se familiarise à vitesse grand V avec les subtilités de touches de balle. En gros, tout dépend du temps d’appui sur les boutons du joypad (oui, on conseillera le joypad plutôt que le clavier). Pas besoin de vous faire la leçon, ça se pratique ce machin-là. Sachez seulement qu’au fil des matchs on manie forcément le jeu de tête, le tacle et le ciseaux retourné comme des princes. L’occasion de constater d’ailleurs que c’est parfois purement aléatoire. Pour la beauté du jeu semble-t-il. De l’arcade et du spectacle donc. Trop de spectacle ? Peut-être… Sans vouloir jouer les vieux cons, on en viendrait presque à regretter le temps des Kick off et autres Sensible soccer sur Amiga. Moins jolis évidemment, mais plus prenants car le contrôle était total.
Dernier point : pour les commentaires, Gilardi est fidèle au poste et à lui-même. Accompagné cette fois-ci de Laurent Paganelli, mais on jurerait entendre Ginola : même voix, même intonations, même remarques stupides et autres lapalissades.

Question : les possesseur de FIFA 99 peuvent-ils se passer de FIFA 2000 ? Réponse : oui bien sûr, c’est même vivement conseillé. Quant aux autres, tous ceux qui ne possèdent pas encore de jeu de foot dans leur logithèque, c’est indéniablement le soft qu’il vous faut. Toujours copié (cf. International football 2000 de Microsoft), jamais égalé ! N’empêche, globalement chez EA Sports, on se la coule douce et on se repose sur ses lauriers. Pas beau ça.