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3
sur 5

Pas simple pour un jeu de snowboard de faire bonne figure après l’excellent SSX. Limite insensé même quand on pense aux nombreuses qualités du soft d’Electronic Arts : une maniabilité parfaite, une impression de vitesse vertigineuse, le tout sur des pistes relativement peu nombreuses mais diablement efficaces. ESPN relève le défi en optant pour une esquive un peu plus subtile que la confrontation de face basique : SSX jouait sur la carte facile de l’arcade et du fun quand ESPN choisit de favoriser l’aspect simulation et de toucher un public plus exigeant.

Rien à voir en effet entre les combinaisons fluo et les looks de b-boys à la SSX et l’ambiance feutrée, voire mollassonne d’ESPN. Après avoir trouvé son chemin dans une interface incompréhensible, le joueur arrive tout de même à dénicher l’icône adéquat pour passer aux choses sérieuses. C’est dans ce havre de paix qu’il est possible de choisir son épreuve, à condition toutefois d’avoir assez d’argent pour s’inscrire. Comme d’habitude, il est nécessaire de remporter quelques courses pour en débloquer d’autres. Du côté des épreuves, des classiques comme le Pipe (faire des tricks ou figures), le Free ride ou le Big air mais aussi des moins connues comme celle où vous devez établir un budget conséquent et engager une équipe compétente pour filmer vos exploits ou vos gamelles, c’est selon. On l’a compris, ESPN penche plutôt pour la culture underground du snowboard : dans le chalet, les snowboarders du lieu s’échangent amicalement les bons plans pour trouver une meilleure planche et des astuces pour surfer ou bien négocier le pli de la piste. Des puristes quoi.

Une fois sur la neige, même constat : la jouabilité lisse et transparente de SSX a disparu au profit d’un combat au corps à corps du joueur avec sa planche. Puis la techno made in Bontempi fait place à un petit air de country en parfaite adéquation avec le premier objectif du joueur : soit tenir debout sur sa planche plus de cinq minutes. Pour les sauts, on verra plus tard… Sans rire, l’aspect simulation est tellement poussé que l’exploit s’avère véritablement difficile. Si les mouvements des joueurs sont un peu trop mécaniques ou saccadés, le contact de la piste et les réponses de la planche sont parfaitement réalisés, donnant lieu à des glissades gigantesques et à des chutes tout aussi spectaculaires. Pour les tricks, les débutants auront certainement beaucoup de mal à comprendre la manip. Ici, plus que jamais, la loi de gravité entre en ligne de compte. Pas facile d’exécuter en l’air un salto arrière suivi d’un flip accompagné de son grab.

Reste une variété de pistes tout à fait consistante pour occuper pendant de longues heures le snowboarder amateur, pas franchement à la recherche de fun pur et dur (préférez alors SSX si c’est le cas), entendons-nous bien.