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4
sur 5

Il aura donc fallu attendre l’été 2000 pour voir débarquer l’une des productions les plus attendues de tous les temps vidéoludiques. Sans arrêt repoussée, constamment évoquée par les médias spécialisés dès qu’une dépêche tombe de chez l’éditeur ou qu’une rumeur persiste sur les forums dédiés. Faut dire que pour faire saliver le gamer, Blizzard connaît bien la marche à suivre. Souvenez-vous du « phénomène » Starcraft. A venir : le buzz Warcraft IIIDiablo donc. 5 ans déjà. Une claque à l’époque. Presque tout ici avait de quoi séduire le joueur exigeant. De la beauté du graphisme à la richesse du jeu, en passant par une interface exceptionnellement intuitive et une atmosphère franchement saisissante. Typiquement le genre de jeu à vous faire oublier les tracasseries quotidiennes, quitte à fâcher son entourage exaspéré par nos trop longues incartades virtuelles. Mieux : sous ses faux airs de JDR, Diablo a même conquis un public rôliste réfractaire aux ersatz pixellisé de Dongeons and Dragons. En vérité, du JDR, il n’en aura eu que la couleur. Qu’importe, Blizzard ne clame plus le contraire, même si le packaging de ce Diablo II est affublé de ce stupide exergue : « Un jeu de rôles d’action et d’aventure épique. » Parole de marketeux ! 80 000 exemplaires du jeu en magasin pour le lancement, faut bien les écouler ! (La moitié vendue en deux semaines de temps selon Blizzard France…).
Or donc Blizzard ne s’est pas égaré dans les eaux troubles du JDR micro. Comprenez : d’autres, plus malins, plus forts, ont trop bien pigé le truc (Baldur’s gate)… Quant à prendre le risque de resserrer la cible, pas question ! Non, bien au contraire, Diablo II poursuit clairement la voie tracée par son prédécesseur et tout le monde aura bien son petit quart d’heure de jubilation à la découverte du morceau.

Ce bon vieux démon de Diablo a survécu. A nouveau, il va falloir combattre les légions de l’enfer… Au choix dorénavant, 5 classes de personnage. L’Amazone : excellente au corps à corps, bonne maîtrise des armes de jet et de la magie divine ; le Barbare : combattant hors pair, grande influence sur l’environnement qu’il sait utiliser à son avantage ; le nécromancien : ranime les morts, évidemment, et maudit avec acharnement le destin de ses victimes ; le paladin : guerrier d’exception dévoué corps et âme au bien, grande notion de magie sacrée que le Paradis lui accorde ; l’ensorceleuse : magicienne spécialisée dans la maîtrise des éléments. L’ajout de classes ne constitue pas la seule nouveauté de Diablo II mais presque. Bien sûr, il y a plus de sorts, plus d’ennemis, plus d’armes et d’objets magiques ou non en tout genre. Plus plus plus de tout assurément. Plus flagrant encore : les terres à visiter sont nettement plus riches et vastes que celles de l’opus précédent. On parcourt Sanctuary, des Royaumes occidentaux (pas de quoi être dépayser !) au Grand désert d’Aranoch (drôles de bestioles dans ce coin-là) pour finir le périple à l’Est dans la région de Kejhistan et sa capitale, Kurast, assiégée par les plus maléfiques sbires du grand Diablo.

Question interface de jeu, c’est toujours aussi excellent. Le joueur appréciera l’étonnante et intuitive facilité d’action, qu’il s’agisse de dialoguer avec l’entourage, de commercer, de combattre ou simplement d’explorer les environs. A noter la possibilité -l’obligation ?- d’ajouter la carte des environs en surimpression à l’écran. Celle-ci se dessine au fil du terrain découvert. Dans le même esprit, un journal de quêtes tient à jour l’état de vos différentes missions. Assisté, vous l’êtes également dans le suivi de l’évolution de votre personnage auquel on ajoute de nouveaux points de caractéristiques (force, dextérité, vitalité, énergie) en plus d' »upgrader » les aptitudes (sorts, pouvoirs spéciaux) lors des passages au niveau supérieur (surveiller vos points d’expérience). Classique certes, mais étudié de cette manière, on en redemande. Contrairement au système de sauvegardes, totalement stupide lui. Pourquoi diable doit-on attendre de vouloir quitter le jeu pour mémoriser la partie en cours ?! Et qui plus est pour la reprendre systématiquement depuis le point de départ ! On va pas se fâcher parce qu’il y a ces fameux portails de téléportation, et que par ailleurs, dans Diablo II, on ne meurt jamais -en revanche, il convient d’aller récupérer son or et son équipement sur le lieu exact du dernier décès-, mais disons que ça noircit connement le tableau.

Pas de quoi s’exciter sur le graph’ non plus, finalement pas très éloigné de celui du premier opus (exception faite du dernier chapitre en Orient, visuellement inédit). 5 ans après, tout de même ! Pire : les concepteurs ne nous laissent pas le choix de la résolution d’écran : 640 x 480, basta ! De fait, c’est la finesse des décors et des personnages qui trinque. Dommage, on aurait aimé profiter davantage des sympathiques effets de sorts, entre autres.

Naturellement, le Diablo nouveau n’oublie pas de s’intéresser de près au jeu online. Hélas, pour l’heure, ça cafouille grave chez Battle.net. Pour la coterie en mode coopératif ou le mode hardcore, on repassera ! Impossible de tester correctement une partie multijoueur sur Internet, il faudra donc en rajouter une couche ultérieurement (et libérer de la place sur son dur en attendant : l’install du jeu, mode solo plus multijoueur, requiert quasiment 1 Go d’espace libre…).

Au final, Blizzard nous a effectivement concocté un excellent jeu. Dans le même genre (soit le beat’em all amélioré si l’on peut dire), ce bon vieux Nox -passons sur l’infâme Arcanes- prend clairement un méchant coup de vieux. Néanmoins, Diablo II n’est certainement pas le chef-d’oeuvre annoncé. Et trop longtemps attendu du reste.